Charles Milliard promet de simplifier la vie des PME avec un guichet unique

SHAWINIGAN.  De passage à Shawinigan samedi matin dans le cadre de la campagne électorale, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard accompagné des candidats de la Mauricie, a promis de s’attaquer à la lourdeur administrative qui, selon lui, freine les entreprises québécoises dans la réalisation de leurs projets.

Réuni au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, M. Milliard a présenté une série de mesures visant à simplifier les relations entre les petites et moyennes entreprises (PME) et le gouvernement du Québec. Au cœur de sa proposition: la création d’une équipe appelée « Efficacité Québec », qui servirait de porte d’entrée unique pour les entrepreneurs confrontés à des démarches impliquant plusieurs ministères ou organismes gouvernementaux.

« Un entrepreneur a un projet bloqué, par exemple, entre deux ou trois ministères. Il n’aura plus à courir après trois ministères. Il y aura une seule porte d’entrée pour trouver la solution et régler le problème », a expliqué le chef libéral.

Selon M. Milliard, cette équipe serait composée de fonctionnaires déjà à l’emploi de l’État et aurait notamment pour mandat de coordonner les différents intervenants gouvernementaux afin de faire progresser les dossiers.

L’objectif est de permettre aux entrepreneurs d’obtenir des réponses dans des délais déterminés.

« Le silence de l’État ne pourra plus être une réponse acceptable », a-t-il déclaré, donnant l’exemple d’une demande qui pourrait devoir recevoir une réponse dans un délai de cinq ou dix jours, selon la nature du dossier.

Un moratoire et une règle du « deux pour un »

Charles Milliard a également annoncé qu’un gouvernement libéral imposerait, dès son arrivée au pouvoir, un moratoire d’un an sur toute nouvelle réglementation susceptible d’alourdir le fardeau administratif des PME.

Il souhaite ensuite instaurer une règle du « deux pour un ». Pour chaque nouvelle exigence administrative ou réglementaire imposée aux entreprises, deux exigences devraient être retirées.

Le chef du PLQ affirme que les mesures mises en place par la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis 2018 ont plutôt contribué à augmenter les coûts liés à la réglementation.

Selon les chiffres avancés par M. Milliard, le gouvernement aurait ajouté environ 2,4 milliards de dollars en coûts réglementaires aux entreprises depuis son arrivée au pouvoir, alors que les mesures d’allègement auraient permis d’en retirer environ 200 millions.

Il estime par ailleurs que le fardeau administratif et réglementaire représente près de 11 milliards de dollars annuellement pour les entreprises québécoises.

« La PME consacre l’équivalent de 32 jours de travail par année à la paperasse gouvernementale », a-t-il soutenu.

Pour le chef libéral, cette situation prive les entrepreneurs de temps qui pourrait autrement être consacré au développement de leurs entreprises, à la recherche de nouveaux marchés ou à la création d’emplois.

Incapable de citer une PME de la Mauricie

Questionné sur un exemple concret d’une entreprise de la Mauricie qui aurait vu son projet ralenti par les démarches gouvernementales sous la CAQ, Charles Milliard n’a toutefois pas été en mesure d’en nommer une.

« Est-ce que vous avez une entreprise à nommer, à cibler, qui a subi ce frein-là dans la région? « , lui a-t-on demandé.

Le chef libéral a plutôt cité B Star, une entreprise située en Estrie, qui aurait eu à composer avec plusieurs autorisations gouvernementales et dont des emplois auraient été menacés par les délais.

« Ça transcende tous les secteurs d’activité. Secteur minier, secteur forestier, secteur agricole », a répondu M. Milliard.

L’échange est survenu alors que le chef libéral se trouvait précisément à Shawinigan pour présenter une proposition destinée aux PME et qu’il avait insisté, dans son discours, sur l’importance de mieux répondre aux réalités des régions.

Une équipe sans nouveaux fonctionnaires

L’annonce a également soulevé des questions sur la création d’une nouvelle équipe au sein de l’appareil gouvernemental.

Milliard a assuré qu’il ne souhaitait pas créer une nouvelle structure bureaucratique importante. Les personnes affectées à « Efficacité Québec » seraient plutôt choisies parmi les fonctionnaires déjà en poste.

« Des gens qui sont déjà dans la fonction publique, qu’on va assigner à cette nouvelle responsabilité », a-t-il précisé.