Capacité des réseaux d’égout: le développement restreint dans plusieurs secteurs
La Ville de Trois-Rivières restreindra temporairement le développement de nouvelles rues et de projets majeurs de densification dans une partie des secteurs de Pointe-du-Lac, Cap-de-la-Madeleine et Saint-Louis-de-France.
Cette décision est prise pour protéger la capacité des réseaux d’égout sanitaires jusqu’à ce que de nouveaux investissements puissent être réalisés pour effectuer des travaux à différents postes de pompage sur le territoire. Le dossier sera traité lors de la séance publique du conseil municipal, mardi soir.
Cela implique que les demandes de développement de nouvelles rues, les projets majeurs de densification (à l’exception des projets déjà conformes à la réglementation d’urbanisme), les projets particuliers de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) et toutes les demandes de changement de zonage ne seront plus acceptés dans les périmètres ciblés jusqu’à nouvel ordre.
Bref, les demandes qui auront pour effet d’augmenter la charge sur le réseau sanitaire ne seront plus recevables dans les secteurs visés (en rouge sur la carte ci-jointe) jusqu’à nouvel ordre.
“On met le pied sur le frein”
Cet ajustement à la réglementation affectera surtout les promoteurs qui souhaitaient concrétiser des projets de développements de plusieurs portes dans ces secteurs. Cependant, pour le citoyen moyen, cela pourrait retarder des transformations de résidences unifamiliales en résidences multigénérationnelles, ou encore des projets d’aménagement d’unités d’habitation accessoire sur leur terrain.
Notons que dans les périmètres ciblés, les demandes de permis de construction conformes aux règlements d’urbanisme et ne nécessitant pas de dérogation particulière continueront d’être traitées.
L’objectif est vraiment de limiter le nombre de nouvelles portes dans ces secteurs, précise le maire.
“On met le pied sur le frein. Ce n’est pas une interdiction de développement, mais plutôt une limitation, nuance Jean-François Aubin, parce qu’une personne qui veut faire des travaux chez elle, il n’y aura pas de problème. Par contre, on ne veut pas que ça ajoute de nouvelles portes, ce qui entraînerait des eaux usées supplémentaires qui iraient dans notre système, qui est rendu à la limite de sa capacité dans ces secteurs. On doit faire des travaux aux postes de pompage. Ensuite, on pourra rouvrir ces secteurs au développement.”

Jean-François Aubin, maire de Trois-Rivières (Photo archives – Marie-Eve Alarie)
L’endroit le plus affecté pour le moment est le secteur Barkoff, près des Galeries du Cap, en remontant vers Saint-Louis-de-France. Le poste de pompage Barkoff sera d’ailleurs dans les prochains travaux à prioriser.
“Il y a eu énormément de développement sur ce territoire, mais là, on a atteint notre limite dans ce coin, si on ne veut pas prendre trop de risques. On peut continuer de développer et de densifier ailleurs dans la ville. Par exemple, quelqu’un développe actuellement 400 logements dans le haut du district du Carmel sur l’ancien site de TVA et on est capable de l’absorber avec le réseau sanitaire dans ce secteur”, précise M. Aubin.
La participation du gouvernement attendue
Toutefois, ce qui permettra à la Ville d’aller de l’avant avec ces importants travaux d’infrastructures, c’est la participation du gouvernement du Québec.
“Il y a des travaux qui sont prévus pour 2027 et on veut faire avancer les autres le plus rapidement possible, mais on a une limite et on a besoin d’une contribution financière du gouvernement du Québec, insiste M. Aubin. Si on prend l’exemple de Saint-Louis-de-France, qui fait partie des secteurs affectés, ça fait longtemps qu’on a un projet qui permettra de régulariser la situation. Les plans sont faits et on a fait tout ce qu’il fallait faire en amont. On s’est entendu avec le gouvernement. Tout est là, mais il manque 23 M$ et la Ville n’est pas capable d’absorber un tel montant à elle seule.”
“Si on devait assumer ça seul, on ne ferait plus rien d’autre au niveau de l’infrastructure. On a besoin d’une contribution du gouvernement du Québec et on l’attend. C’est ce qui va déterminer à quelle vitesse on pourra réparer nos différents postes de pompage et aller de l’avant. Et quand nos postes de pompage ne peuvent pas fournir, il y a des risques de surverse dans la rivière et le fleuve. On ne veut pas ça, d’autant plus qu’il y a des amendes salées du ministère de l’Environnement qui y sont associées. Si on fait ce type de déversement, on va nous imposer de faire la réparation quand même, mais dans un délai souvent très court. On agit donc en prévention en ralentissant le développement dans ces secteurs”, ajoute le maire.
“Les gouvernements savent que les villes ont besoin de leur aide pour réaliser ces travaux. On espère que des choses seront annoncées bientôt, d’autant plus qu’on sait qu’il y a de l’argent grâce à une entente fédérale-provinciale pour les infrastructures. Là, il faut que ça débloque”, poursuit-il.
Le conseiller du district de Saint-Louis-de-France, Guy Daigle, soulève également que les députés provincial et fédéral doivent porter ces dossiers à Québec et à Ottawa. “Il faudra faire comprendre à nos députés où on est rendu comme Ville et qu’on arrête de mettre nos gants blancs pour le faire. Il y a un message clair à envoyer”, plaide-t-il.
Les équipes municipales en sont à prioriser les prochaines interventions en vue d’augmenter la capacité des postes de pompage dans les périmètres concernés. On peut s’attendre à plusieurs dizaines de millions de dollars en investissements à venir.
Les propriétaires résidant dans les secteurs concernés qui auraient des questions concernant les modifications et les périmètres ciblés peuvent contacter les équipes de l’Aménagement et du développement durable via le 311.
