Budget du Québec: “L’enseignement universitaire québécois perd à nouveau du terrain”
Après l’annonce d’une diminution imposée de la population internationale inscrite dans les universités du Québec, une autre tuile s’abat sur les institutions universitaires de la province via le budget 2025-2026 du gouvernement du Québec: un gel du financement des universités.
Le Bureau de coopération universitaire, qui regroupe les 20 établissements universitaires du Québec, appréhende que le gel du financement des universités obligera les universités à procéder à des coupures afin de respecter les ententes salariales déjà négociées et d’assumer les hausses de coûts dues à l’inflation.
“On accueille favorablement l’investissement dans l’innovation dans les entreprises en espérant pouvoir jouer un rôle avec elles dans le développement de ces innovations, comme on le fait régulièrement. Cela dit, pour les universités, le budget annonce un gel du financement, ce qui signifie que les coûts du système ne sont pas couverts. Ça veut dire que les universités, l’UQTR comme les autres, s’appauvrissent”, commente le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Christian Blanchette, et président du Bureau de coopération universitaire.
“Les universités sont des vecteurs essentiels de développement socioéconomique et d’innovation. Il est urgent que le gouvernement prenne conscience de l’impact de ne pas réinvestir dans ce secteur sur les générations actuelles et futures. Rappelons que le Québec accuse toujours un retard de scolarisation universitaire ainsi qu’un sous-financement historique par rapport aux autres universités canadiennes, toujours évalué à plus d’un milliard de dollars. Avec ce budget, l’enseignement universitaire québécois perd à nouveau du terrain”, souligne-t-il.
Le gel du financement s’ajoute également à la diminution imposée de la population étudiante internationale inscrite, qui se traduira par une baisse d’environ 200 M$ pour septembre à travers les universités québécoises. “On travaille fort à ce que ce soit moins, mais rappelons-nous que ce sont des sources financières qui viennent de l’étranger et qu’on entre dans le système universitaire qui vont disparaître. Ça a un impact majeur. Les étudiants internationaux sont essentiels. Ce budget du Québec n’est pas positif pour l’opération universitaire”, ajoute M. Blanchette.
À l’UQTR, ça se traduit par une baisse importante de 60% des demandes d’admissions. Dans certaines universités québécoises, ce chiffre pourrait s’élever jusqu’à 92%, estime M. Blanchette.
Le recteur de l’UQTR soulève toutefois un point positif, soit la hausse de 391 M$ du financement dans les projets d’infrastructures universitaires. “On a bien hâte de voir l’impact que ça aura, mais il faut s’asseoir avec le ministère pour examiner où seront ces projets et quels projets seront financés”, conclut-il.
