Brik Atypik : rendre les LEGO plus accessibles
Un nouvel espace de créativité attire petits et grands au carrefour Trois-Rivières Ouest. Brik Atypik, fondé par Anouk Bilodeau et son conjoint Francis Blais, propose une expérience unique : construire, expérimenter et s’évader avec des LEGO, sans avoir à les acheter ou à les emporter.
PAR ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
Parents de trois enfants sur le spectre de l’autisme, Anouk et Francis voyaient un moment sacré dans la construction d’ensembles LEGO.
“ À la maison, on se rejoignait vraiment avec les LEGO. C’était vraiment un environnement où on avait un langage commun. Tout le monde faisait un peu sa façon de faire, mais on se rejoignait. Puis, il n’y avait pas de chicanes. Tout le monde était bien là-dedans. ”
Chez Brik Atypik, tous sont invités à construire comme bon leur semble durant trois heures, à un prix fixe. Une étagère avec des briques en libre-service est disponible, en plus de la collection de plus de 380 ensembles LEGO offerts à la construction.
“ Pour 15 $, tu peux construire un kit qui en coûte 300, ou construire trois kits de 50 $. Si tu commences à le construire, puis finalement, il est plus difficile que tu pensais, ce n’est pas grave, on en choisit un autre, il n’y a pas de problème. ”
Le concept d’espace de créativité est unique au Québec, selon Anouk Bilodeau. En Europe et en Asie, il existe des cafés de jeux de société qui proposent la construction de briques LEGO, mais Brik Atypik veut avant tout orienter la créativité autour de la collectivité.
“ C’est payant pour nous parce qu’on voit que les gens apprécient et qu’ils sont bien. On a une vision très sociale, très communautaire. ”
“ Démocratiser la brique ”
L’idée de Brik Atypik est née d’une scène anodine, mais révélatrice. Un ami du fils d’Anouk et de Francis, invité à la maison, avait délaissé tout le reste pour se plonger dans un bac de pièces LEGO. Cette situation avait allumé une réflexion chez le couple : pourquoi ne pas créer un lieu où tous auraient accès à cette même joie de construire ?
“ Il n’y a pas tant de façon de démocratiser la brique. Il y a des ensembles de plus en plus beaux, mais qui coûtent de plus en plus cher ”, explique Anouk Bilodeau.
Le concept de Brik Atypik permet ainsi à des jeunes d’exprimer leur créativité à un prix abordable. De plus, pas besoin de trouver l’espace à la maison pour exposer les constructions, puisque les ensembles sont démontés sur place.
Pour Anouk, la comparaison est naturelle : “ C’est une expérience, un peu comme quand tu vas au cinéma. Il y a la télé à la maison, mais l’expérience est différente. (…) Il n’y a plus beaucoup d’activités pour les ados. Avec 20 $, un ado va passer sa soirée ou son après-midi avec un breuvage ou une collation, puis il va être loin des écrans. Il va faire quelque chose qui est autant bon au niveau sensoriel qu’au niveau de la dextérité. ”

Brik Atypik se veut avant tout un lieu inclusif, où chacun peut y aller à son rythme. Un espace sensoriel aménagé à l’arrière permet aux visiteurs sensibles aux stimulations de se recentrer. Le local, situé au carrefour Trois-Rivières Ouest, a été choisi pour répondre aux exigences de tous : familles avec poussettes, personnes à mobilité réduite, enfants ayant des particularités sensorielles.
L’endroit attire une clientèle variée : des familles, des couples ou des groupes d’amis venus partager un moment. Certains redécouvrent le plaisir du LEGO, plusieurs années après avoir vendu leurs ensembles de construction. Pour d’autres, il s’agit d’une activité calme et valorisante pour leurs enfants.
“ Ici, on suggère aux gens de ne pas être passifs. Ils ne sont pas juste des accompagnateurs. On leur dit : “profitez-en, essayez”, et ils se prêtent au jeu. C’est ça qui est beau ”, conclut Anouk Bilodeau.
