Atelier d’innovation: l’UQTR poursuit son partenariat avec Bécancour
La Ville de Bécancour et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) poursuivent leur collaboration dans le cadre de l’Atelier d’innovation, créé en 2024. Quatre nouveaux projets verront le jour, faisant de Bécancour un véritable laboratoire vivant pour des étudiants et des professeurs de l’UQTR.
Pour la Ville de Bécancour, la continuité de l’Atelier d’innovation est une excellente nouvelle puisque les projets de la prochaine année apporteront des bénéfices directs aux services municipaux.
“Pour 2026, nous avons choisi de dépasser les études théoriques pour aller vers des solutions applicables, utiles et mesurables pour notre organisation municipale et pour nos citoyens. Ce que nous démontre l’Atelier d’innovation, c’est qu’un partenariat université-municipal peut être à la fois structuré, agile et profondément ancré dans la viabilité. C’est un modèle gagnant-gagnant où le savoir alimente l’action et où l’action nourrit le savoir. Ça suscite aussi un véritable engouement au sein de notre organisation municipale”, affirme le maire de Bécancour, Pascal Blondin.
“Quand l’Université et le milieu municipal unissent leurs forces, on devient vraiment un formidable moteur d’innovation territoriale parce que c’est ce dont il s’agit, d’innovation territoriale, renchérit Mathieu Gingras, directeur adjoint du Service des partenariats et du soutien à l’innovation à l’UQTR. Cet espace unique que nous avons mis en place est un levier stratégique où les expertises se croisent, les idées se transforment en solution pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain.”
Améliorer la santé globale des pompiers
Un des projets de l’Atelier d’innovation cette année consiste en l’implantation d’un suivi en kinésiologie à la caserne dans le but de soutenir la santé globale des pompiers et pompières de la Ville.
Depuis trois mois, le kinésiologue et étudiant à la maîtrise en sciences de l’activité physique, Alexandre Boyer, se rend à la caserne de Bécancour chaque semaine pour intervenir auprès des deux équipes en place. Les bénéfices de ce type d’initiative peuvent être nombreux, mentionne Philippe Gendron, professeur au Département des sciences de l’activité physique de l’UQTR et superviseur du projet.
“On souhaite notamment voir si leur motivation à pratique de l’activité physique régulièrement dans la semaine, que ce soit au travail ou en dehors du travail, va augmenter. Théoriquement, si la motivation augmente, on pense que ça va permettre d’aller vers une pratique d’activité plus régulière, plus fréquente. De là vont découler des bénéfices physiologiques sur la performance au travail, la réalisation des tâches, mais aussi sur leur santé. Les accidents risquent de diminuer aussi. Les bénéfices de l’activité physique sont immenses”, explique-t-il.
Les plans d’entraînement ont été pensés spécifiquement pour les pompiers. Ceux-ci ont un plan d’entraînement individuel, ainsi qu’un entraînement en groupe. Chaque séance débute avec la présentation d’une capsule portant sur différentes thématiques en matière de santé.
Il faut dire qu’il est assez rare de retrouver des kinésiologues dans les casernes au Québec, souligne M. Gendron. “Le service incendie est très proactif et ouvert à nos propositions et suggestions. On voit très peu de kinésiologues dans des casernes. Il y en a un à Québec pour les 500 pompiers de la ville, mais sinon, c’est assez rare.”

Les professeurs de l’UQTR Cynthia Morinville et Philippe Gendron supervisent des projets dans le cadre de l’Atelier d’innovation à Bécancour. (Photo Marie-Eve Alarie)
Au cœur de l’évolution du marché du logement à Bécancour
Pour sa part, Cynthia Morinville, professeure au Département des sciences de l’environnement de l’UQTR, s’intéresse à l’expression et aux expériences de la crise du logement dans une petite et moyenne ville québécoise. Son projet vise à réaliser une cartographie de l’évolution du marché du logement à Bécancour et à analyser les besoins de chaque groupe d’acteurs locaux pouvant orienter le développement de politiques en matière de logement abordable à Bécancour.
Dès cet été, Mme Morinville ira à la rencontre de locataires, de propriétaires, de promoteurs immobiliers et d’experts de la question du logement abordable pour en apprendre plus sur leurs enjeux.
“On s’est beaucoup penché sur la crise du logement dans des villes comme Montréal, Toronto ou Vancouver. Puis, on arrive à un point où dans une ville comme Bécancour, on a peu de solutions et peu de recommandations parce que les acteurs sur le terrain sont différents. Ici, on a plusieurs petits propriétaires. On a des développeurs et promoteurs immobiliers qui viennent de la région. On n’a pas la même présence de fonds d’investissement immobiliers qu’on peut retrouver dans une grande ville”, indique Mme Morinville.
Déjà, une revue de la littérature des politiques municipales en matière de logement abordable au Québec à été réalisée. “Le constat, c’est qu’il y en a très peu dans les petites villes comme Bécancour. Ça nous a permis de dresser un éventail et voir quelles sont les possibilités. Cet été, on va essayer de caractériser cette crise du logement à Bécancour: comment les gens la vivent, l’attachement au territoire, l’arrivée de nouveaux arrivants, le développement industriel à travers tout ça”, précise-t-elle.
Mme Morinville espère pouvoir présenter les résultats de la recherche à la Ville de Bécancour à l’été 2027.
Notons qu’à cela s’ajoutent deux projets de formation continue. Le premier, intitulé Vers une culture commune de planification, d’exécution et de gouvernance des projets, cive à doter les cadres et chefs de projets municipaux d’un langage commun, d’outils concrets et d’habiletés pratiques pour planifier, suivre et piloter efficacement leurs projets. La seconde formation continue porte sur l’amélioration du service à la clientèle.
