Après 40 ans à en rêver, la Place Carpe Diem inaugurée

Le gouvernement du Québec, la Ville de Trois-Rivières et l’organisme Carpe Diem – Centre de ressources Alzheimer ont célébré, le 5 septembre, l’inauguration de la Place Carpe Diem, un immeuble de 24 chambres destinées à des personnes aux prises avec des pertes cognitives à Trois-Rivières.

Ce projet, c’est l’aboutissement de 40 ans de réflexions et d’expérimentations de la part de Nicole Poirier, directrice générale et Fondatrice de Carpe Diem, et son équipe du centre de ressources Alzheimer.

À l’intérieur, tout a été pensé pour offrir un milieu de vie sécuritaire et humain aux résidents. 

“On veut vraiment garder une certaine liberté pour que les gens se sentent chez eux ici parce qu’un des fondements de Carpe Diem, c’est la liberté. On veut éviter à tout prix le sentiment d’enfermement. On ne veut pas que la personne se sente prise derrière une porte verrouillée. Ça fait monter l’anxiété et ça crée ce qu’on appelle des troubles du comportement qui sont attribués à la maladie. Mais si on peut pousser la porte, aller dans le jardin et même aller marcher dans le quartier, ça fait baisser la pression. Pour nous, la liberté, c’est aussi la liberté de se lever, se coucher quand on veut, cuisiner un repas ou regarder une personne cuisiner. C’est la vie ordinaire qui devient une thérapie”, explique Nicole Poirier.

Elle tenait d’ailleurs à conserver un escalier dans le bâtiment, toujours dans cet esprit de liberté, mais aussi pour l’activité physique que cela fait faire aux personnes qui y résident. “Les recherches démontrent que continuer d’être actif, c’est bon pour le cerveau. Continuer de faire des gestes quotidiens, comme faire la cuisine, passer le balai et faire la vaisselle, c’est bon. La musique entraîne aussi une stimulation cognitive. C’est pour ça qu’on retrouve différentes ambiances musicales dans la maison”, précise Mme Poirier. 

La réalisation du projet Place Cape Diem a nécessité un investissement de plus de 12,7 millions $.  Le gouvernement du Québec a contribué à cette réalisation en accordant plus de 10,6 millions $ provenant de la Société d’habitation du Québec (SHQ), qui garantit également le prêt hypothécaire contracté par l’organisme.

“Ce sont 200 000 personnes d’ici 2030 qui devraient recevoir un diagnostic d’Alzheimer. Ici, grâce à l’expertise, la résilience et l’humanité de Nicole Poirier, Carpe Diem est devenu une référence”, témoigne Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre du Travail.

Pour sa part, la Ville de Trois-Rivières accorde à l’organisme un crédit de taxes d’une valeur de plus de 1,2 M$. “La réappropriation de friches religieuses est un défi. Plusieurs s’y sont cassé les dents. Ici, on a un exemple de réussite. C’est la démonstration qu’on peut donner un sens à un lieu et l’amener plus loin”, commente le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

L’organisme participe également au montage financier avec une contribution de 3 millions $ provenant de la Fondation Maison Carpe Diem pour le financement de la portion non résidentielle du projet. 

“Ce projet incarne un véritable message d’espoir : celui de rendre possibles et accessibles des conditions de vie permettant à chacun de demeurer chez soi, et d’y vieillir dans la dignité, le plus longtemps possible”, ajoute Mme Poirier. 

Prochaine étape: mettre en place le quartier Carpe Diem. 

“La maison s’inscrit dans un projet global de quartier. On ne veut pas que les gens soient exclus. Souvent, on les exclut. On dit: tu as un diagnostic d’Alzheimer et tu vas vivre dans une résidence en milieu fermé. Tu n’as alors plus accès à la vie normale. Nous, ce qu’on souhaite, c’est que les gens puissent vivre dans un quartier et être à part entière dans ce quartier. Le projet de l’église et des services à domicile, c’est aussi pour créer cette dynamique. On a commencé déjà à petite échelle en vendant des œufs et en faisant du tricot dans l’église”, explique Nicole Poirier.