Apprendre à faire du vélo dans sa cour d’école
“Du vélo! Du vélo! Du vélo!”, s’exclame un enfant de l’école Sainte-Thérèse en s’élançant vers les vélos au fond de la cour. En ce matin frais et ensoleillé d’octobre, les élèves de l’école Sainte-Thérèse s’apprêtaient à participer au nouveau programme CycloScolaire offert par La Cyclerie.
Avec ce programme d’initiation au vélo destiné aux enfants de 4 à 12 ans, La Cyclerie vise à donner une chance égale à tous les jeunes d’apprendre à pédaler en toute sécurité, quel que soit leur niveau d’habileté.
“À La Cyclerie, on a vraiment une mission communautaire, ce qui fait en sorte qu’on travaille beaucoup avec des jeunes issus de milieux moins favorisés. On voyait des jeunes de milieux très favorisés qui avaient, pour leur part, de bons niveaux de vélo et de sécurité, tandis que dans des milieux moins favorisés des premiers quartiers, on remarquait que les jeunes avaient des niveaux de vélo qui n’étaient pas sécuritaires ou qu’ils ne savaient pas du tout faire du vélo à l’âge de 9 ou 10 ans”, explique Mariannick Mercure, coordonnatrice éducation et financement à La Cyclerie.
L’organisme s’est inspiré du club de vélo Espoirs Laval qui a lancé le programme d’éducation cycliste en milieu scolaire Vélosco.
“Ils ont vu exactement les mêmes besoins que nous pour les jeunes issus de milieux moins favorisés qui n’avaient pas nécessairement de vélos ou qui ne savaient pas très bien pédaler. On a vu une belle opportunité d’importer ce programme ici à Trois-Rivières, indique Mme Mercure. On a obtenu un financement du CIUSSS pour le projet-pilote. On a ensuite choisi deux écoles avec des indices de défavorisation qui concordent avec le sens de notre projet.”
L’idée était aussi que le projet soit exportable et clé en main, de sorte que le fait de ne pas posséder un vélo ne soit pas un obstacle. La Cyclerie fournit donc les vélos, les casques et le matériel pédagogique afin que ça ne soit pas un frein à ce que des élèves puissent apprendre à bien faire du vélo.
“Ça me fait dire que l’activité est pertinente”
Quand il a été approché par La Cyclerie avec l’idée de ce projet-pilote, le directeur de l’école Sainte-Thérèse, David Jutras, a sauté sur l’occasion. “Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est pour les plus petits. Je me rappelle qu’à l’époque, quand j’étais jeune, le vélo égalait liberté et autonomie. On était toujours à vélo! On allait au parc, au dépanneur, chez nos amis. Aujourd’hui, je trouve que ça se perd. C’est rare que je vois un groupe d’enfants faire du vélo ensemble”, fait-il remarquer.

David Jutras, directeur de l’école Sainte-Thérèse. (Photo Marie-Eve Alarie)
“On avait déjà un projet en partenariat avec les ergothérapeutes de l’Université du Québec à Trois-Rivières pour les plus petits, mais le projet de La Cyclerie avec une plus grande envergure, ajoute M. Jutras. On en a parlé avec le Conseil d’établissement et tout le monde était emballé! Le fait que La Cyclerie arrive avec ses vélos et ses casques, c’est facilitant parce qu’on n’avait pas des vélos pour tout le monde.”
Dans la cour d’école, les élèves sont divisés en différents groupes selon leur niveau d’habiletés. Pendant qu’un groupe se pratique à circuler autour de cônes et à effectuer des virages plus précis, un autre groupe apprivoise l’équilibre qu’impose le vélo.
“Je vois des élèves enthousiastes, mais je vois aussi des élèves avec un visage plus craintif. Ça me fait dire que l’activité est pertinente parce qu’ils ne savent pas faire du vélo, c’est clair. Là, ils pourront l’apprendre avec quelqu’un qui les accompagne et qui lui donne des trucs efficaces. (…) À l’école Sainte-Thérèse, le volet sportif est très poussé. L’apprentissage du vélo vient s’inscrire dans ce volet. Je me dis aussi qu’ensuite, les enfants vont retourner à la maison en partageant leur fierté d’avoir réussi à pédaler sur un vélo et avoir aimé ça”, note M. Jutras.
Le programme se déploie en plusieurs volets, notamment l’acquisition des habiletés de base et, dans un deuxième temps, la théorie reliée à la sécurité routière.

(Photo Marie-Eve Alarie)
“C’est une chose d’apprendre à signaler notre intention de tourner à un coin de rue, mais si un enfant ne sait pas comment lâcher son guidon d’abord, il ne pourra pas signaler. Il faut donc commencer avec l’agilité, c’est-à-dire comment tourner, freiner avec les deux mains, circuler lentement, redémarrer, etc. Une fois que c’est acquis, on aborde la sécurité routière”, précise Mariannick Mercure.
Cet hiver, les élèves de 5e et 6e année participant à CycloScolaire recevront des cours de théorie en matière de sécurité à vélo. L’objectif est d’ensuite faire une sortie à vélo avec les élèves de 6e année en juin pour mettre en pratique les connaissances acquises durant l’année.
“On aimerait pouvoir revenir chaque année avec CycloScolaire pour accompagner les élèves dès l`âge de 4-5 ans jusqu’à la 6e année et de les faire évoluer dans leur pratique du vélo. Au final, c’est important pour nous que les jeunes, mais aussi leurs parents, soient en confiance avec leurs capacités à circuler à vélo de façon sécuritaire. Pouvoir circuler à vélo à cet âge, c’est aussi synonyme de liberté”, conclut Mme Mercure.
