Adolescente, elle se fait avorter

TÉMOIGNAGE. Camille (nom fictif) avait tout juste 16 ans lorsqu’elle s’est fait avorter. Sa première histoire d’amour avec un garçon a pris une tournure inattendue. Rapidement, elle a dû faire un choix.

Camille a maintenant 22 ans. Elle ne regrette pas sa décision, même si elle ne peut s’empêcher d’y penser de temps à autre.

«Au début, il n’était pas question que j’en parle à mes parents, raconte-t-elle. Je n’étais pas à l’aise de leur en parler parce qu’ils étaient trop protecteurs, trop étouffants. Même si je les aimais beaucoup, je ne voyais pas mes parents comme des confidents.»

«Je m’attendais à ce qu’ils me fassent la morale au lieu de me prendre dans leurs bras et de me consoler, ajoute-t-elle. Je ne voulais pas de chicane avec eux. Je savais que je ne voulais pas garder l’enfant, mais je ne savais pas trop par où commencer les démarches. Je voulais juste du réconfort et j’étais certaine que ce n’était pas ce qu’ils allaient m’offrir.»

Camille était enceinte de neuf semaines quand sa grossesse lui a été confirmée. Elle s’était rendue à l’hôpital en cachette pour entamer le processus. À ce moment, seuls son copain de l’époque et une amie étaient au courant de sa situation.

«On était d’accord tous les deux pour ne pas garder le bébé, soutient-elle. On savait qu’on n’était pas prêts pour ça. On ne se voyait pas être des parents à 16 ans. On était trop jeunes. On voulait faire des études et ça ne faisait pas très longtemps qu’on était ensemble. Ce n’était vraiment pas le scénario de rêve pour aucun des deux.»

Quelques jours ont passé. Puis, Camille a dû mettre sa crainte de côté et parler à ses parents. «J’ai attendu longtemps avant de leur en parler. Mais plus les démarches avançaient, moins je me voyais vivre ça sans eux. Je leur ai parlé. C’était moins pire que je l’avais imaginé. C’est certain qu’ils n’étaient pas contents, mais ils m’ont aidée et supportée là-dedans. On n’en a pas reparlé depuis.»

Quant à sa relation avec son amoureux, elle a été écourtée. «L’avortement a fait un froid entre nous deux et on a fini par se laisser, mentionne Camille. Quand je regarde ça aujourd’hui, je me dis que je ne regrette rien. C’était pour le mieux, même si ce n’était pas facile à vivre à ce moment-là.»

Si la première année suivant l’avortement a été plus difficile pour elle, Camille se dit maintenant pleinement heureuse et bien dans sa peau. Bientôt, elle terminera ses études et fera son entrée sur le marché du travail.