Abolition du PEQ: le conseil de ville demande la mise en place d’une clause grand-père
Les élus du conseil municipal de Trois-Rivières unissent leurs voix pour demander au gouvernement du Québec d’instaurer une clause grand-père ou des mesures transitoires à la suite de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Le PEQ permettait aux travailleurs étrangers et diplômés au Québec d’obtenir rapidement la résidence permanente. Le gouvernement a mis fin au programme en novembre et l’a remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). L’enjeu, c’est que les personnes qui avaient bénéficié du PEQ doivent maintenant déposer un nouveau dossier au PSTQ, sans savoir s’ils seront sélectionnés et quand tombera la décision.
Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, avait d’ailleurs rencontré les médias, juste avant les Fêtes, pour dénoncer la situation dans laquelle se retrouvent ces travailleurs, réclamant une clause de droit acquis pour les résidents temporaires qui étaient présents au Québec au moment de l’annonce de l’abolition du Programme expérience Québec.
“Les élus tenaient vraiment à parler d’une voix unanime et dire tous ensemble qu’il faut que le gouvernement revoie ce dossier”, soutient le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin.
M. Aubin fera d’ailleurs une sortie publique, mercredi matin, à ce sujet aux côtés du recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Christian Blanchette, du directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Éric Millette, ainsi que du directeur général d’Innovation et développement économique Trois-Rivières, Gregory Gihoul.
“Vous allez voir des chiffres, des témoignages, combien de gens sont affectés par l’abolition du PEQ. Les élus sont sensibles à cette question et espèrent que le gouvernement va bouger là-dessus. C’est fondamental. On parle de plus de 1000 personnes à Trois-Rivières qui sont touchées par la situation”, précise le maire.
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, affirmait, il y a quelques jours, qu’il n’était pas question de mettre en place une clause grand-père. Le maire Aubin interpelle maintenant le premier ministre, François Legault, pour faire bouger les choses.
“Nous n’avons absolument pas été convaincus par ce qu’a dit le ministre Roberge, la semaine dernière, sur cette question, insiste M. Aubin. Il a dit aux gens d’appliquer dans le nouveau programme, ce que la plupart des gens ont déjà fait. Il a dit qu’ils allaient choisir 2500 personnes par mois et qu’ils étudieront leur dossier. Mais les gens ne savent pas quand ils seront sélectionnés, quand ils seront évalués. On ne sait pas ceux qu’ils vont retenir ni comment. C’est de l’incertitude. Il y a des gens qui ont déjà quitté Trois-Rivières parce qu’ils n’étaient plus capables de vivre dans cette incertitude-là.”
“Ce sont des gens qui travaillaient dans des entreprises ici, mais ils sont retournés dans leur pays d’origine devant l’incertitude. Quand tu as une maison, il faut que tu la vendes si tu t’en vas. Tes enfants vont à l’école. Il y a toute une série de choses dans lesquelles tu es immergé. (…) Il reste un premier ministre en place en François Legault, qui est toujours en mesure de prendre des décisions. Il pourrait décider de régler cette question-là avant de quitter”, conclut Jean-François Aubin.
