UQTR: 140 000$ pour mieux traiter les maux de dos
SANTÉ. Un financement de 140 000$ permettra à l’UQTR de déployer en Mauricie un corridor de soins alternatif destiné aux personnes souffrant de maux de dos. L’initiative vise à accélérer l’accès à une prise en charge adaptée tout en réduisant la pression sur le système de santé régional.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca
La Fondation Chiropratique du Québec investit 110 000$ sur trois ans dans ce projet porté par la Chaire de recherche internationale en santé neuromusculosquelettique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La Fondation de l’UQTR ajoute 30 000$, portant l’appui total à 140 000$.
Intitulé Repenser les trajectoires de soins pour la lombalgie: un corridor de soins alternatif en réponse aux défis d’accessibilité, le projet prévoit l’implantation d’un point d’entrée en soins primaires pour les patients atteints de lombalgie. Les premiers patients seront accueillis dès la semaine du 23 février au GMF-U affilié au CIUSSS MCQ.
Jusqu’à 80% des adultes vivront des douleurs lombaires au cours de leur vie. En Mauricie-Centre-du-Québec, aucune structure officielle en soins primaires n’était jusqu’ici dédiée spécifiquement à la prise en charge des troubles musculosquelettiques.
“Ce projet permettra d’orienter plus rapidement les patientes et patients vers le professionnel de la santé approprié, de réduire les délais d’accès et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources en Mauricie. Il ouvre également la voie à un déploiement dans d’autres régions du Québec”, a déclaré le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette.
Le modèle proposé permettra un accès direct à une équipe composée notamment de chiropraticiens intégrés en milieu public. “C’est en fait un projet qui permet de mettre en lumière l’expertise des chiropraticiens dans l’offre des soins de santé de la population. Donc, c’est une nouvelle première ligne qu’on crée et c’est un nouveau modèle”, a ajouté M. Blanchette, soulignant la volonté de mieux utiliser l’ensemble des expertises professionnelles en santé.
Pour la Fondation Chiropratique du Québec, il s’agit d’un projet structurant pour mieux orienter les personnes touchées. “Notre soutien vise à offrir des parcours de soins mieux adaptés, qui contribueront concrètement à la qualité de vie des personnes aux prises avec des douleurs lombaires”, souligne le président de la Fondation Chiropratique du Québec, M. Jean-Sébastien Gélinas. “Ce projet se déploiera sur plusieurs années et nous souhaitons qu’il suscite l’engagement d’autres partenaires afin de renforcer la prise en charge de la lombalgie.”
Pour l’organisme, l’initiative marque une étape importante. “Ce projet que nous subventionnons a une portée historique puisque c’est la première fois que nous allons pouvoir mettre en branle et pouvoir mettre à la disposition de patients au sein du système de santé public au Québec”, a affirmé M. Gélinas, ajoutant vouloir “contribuer à l’avancement des soins neuromusculosquelettiques au sein du système de santé au Québec “.
Responsable du projet, la professeure Andrée-Anne Marchand rappelle l’ampleur du problème. “La lombalgie, on estime que 85% des gens vont en souffrir à un moment donné dans leur vie. Puis au niveau mondial, c’est la condition de santé musculo-squelettique qui est le plus grand fardeau en termes d’incapacité.”
Elle précise que le corridor vise autant l’accessibilité que la pertinence des soins. “Notre corridor de soins va permettre un accès rapide, facilité dans un milieu de soins qui est déjà connu.” Les objectifs sont également de “diminuer la pression sur le système de santé publique, désembourber les différentes listes d’attente et s’assurer qu’un patient soit “réellement un bon candidat pour les différents types de niveaux de soins en orientant les patients vers le bon professionnel dès le départ et en réduisant le recours à des examens ou traitements de faible valeur. Nous voulons faciliter l’accès en temps opportun à la bonne personne à qui il faut parler pour sa lombalgie”, ajoute-t-elle.

Le projet s’appuie sur des partenariats cliniques régionaux et sur l’implication d’étudiants aux cycles supérieurs. “Tous ces acteurs-là ont été instrumentaux dans la mise en place”, a souligné Mme Marchand, évoquant la collaboration avec le CIUSSS et les cliniques universitaires.
La Fondation de l’UQTR souligne pour sa part la continuité d’un partenariat de 20 ans avec la Fondation Chiropratique du Québec, dont les contributions totalisent 2,1 M$. “Cet appui, combiné aux sommes offertes par la Fondation chiropratique du Québec et ses partenaires, permettra au projet de déployer tout son potentiel”, a indiqué sa présidente-directrice générale, Joëlle Gagné.
Au terme des trois années de financement, l’équipe souhaite documenter les retombées du corridor afin d’envisager un élargissement du modèle ailleurs au Québec.

