Une salle pour relaxer les élèves aux besoins particuliers

TROIS-RIVIÈRES. Les quelques 60 élèves de l’école Chavigny de Trois-Rivières ayant des besoins particuliers auront bientôt un petit cocon douillet pour apprendre à maîtriser leurs émotions. Une campagne de financement a récemment été lancée afin d’aménager une salle blanche Snoezelen à temps pour la rentrée scolaire 2018.  

De simples murs peints en blancs, des fauteuils douillets, des panneaux interactifs et les incontournables colonnes d’eau lumineuses pourraient bel et bien faire une grande différence dans le développement et la réussite de ces élèves vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), une déficience intellectuelle moyenne (DIM) et des troubles d’anxiété.

La plupart des écoles qui accueillent les élèves ayant des besoins particuliers ont ce type d’installation. « De notre côté, nous avons intégré des classes TEACCH (Traitement et éducation des enfants autistes ou souffrant de handicaps de communication apparentés) il y a cinq ans. C’est l’an dernier qu’on s’est dit qu’on serait dû pour avoir une salle blanche », a indiqué le directeur adjoint, Rémi St-Hilaire.

En plus de ces trois classes spécialisées, le programme « l’École en fleurs » de l’établissement scolaire comprend également deux groupes DIM.

Pour tous ces jeunes attachants, le simple fait de gérer leur vie quotidienne représente un véritable défi qui leur crée une anxiété bien difficile à contrôler. Bien sûr, des mesures sont déjà en place pour réduire le risque de stress dans les classes spécialisées de l’école. Les groupes sont réduits, les élèves ont chacun leur espace personnel et des petites lampes remplacent la lumière agressive des néons.

Mais une fois qu’une crise s’est déclarée, il est difficile actuellement pour le personnel d’y faire face. Et gérer cette anxiété est justement le but d’une salle Snoezelen.

« Lorsqu’un élève commencera à être trop agité, l’enseignante ou la technicienne en éducation spécialisée va pouvoir l’amener dans cette pièce relaxante », a expliqué M. St-Hilaire.

Le but est de permettre à l’élève de se détendre en découvrant le matériel conçu pour stimuler les cinq sens, comme des miroirs, des diffuseurs, des lumières à fibre optique, des textures différents, pour ne nommer que ceux-là, le tout dans une musique relaxante.

« Tout sera conçu pour la relaxation. Quand on en se sent pas bien, nous avons juste envie de nous enrouler dans une couverture douce. C’est exactement la même chose », a résumé l’enseignante, Marie-Claude, dont les élèves aux prises avec des troubles d’anxiété pourront s’y réfugier. 

Une trentaine de minutes dans cette salle, un peu de magie sensorielle, et voilà, l’élève sera plus disponible à l’apprentissage lorsqu’il reviendra en classe.

Bien que créée pour les jeunes ayant des besoins particuliers, la salle Snoezelen peut aussi être bénéfique pour tous les étudiants. « Nous avons des élèves au régulier qui éprouve des crises d’anxiété et d’hyperventilation lors des examens. Ils pourront eux aussi bénéficier de ce refuge », a indiqué M. St-Hilaire.

60 000 $ À AMASSER

L’école Chavigny a fait appel à l’entreprise Flaghouse spécialisée dans ce type d’équipements afin de concevoir les plans de la future salle blanche. Le projet sera divisé en trois phases pour un investissement total estimé à près de 60 000 $.

« Bien sûr, rien ne nous oblige à nous rendre jusque-là. Avec 60 000 $, nous avons la Cadillac des salles Snoezelen. C’est un projet progressif auquel on pourra ajouter du matériel au fur et à mesure », a précisé le directeur adjoint.

D’ailleurs, si le trois quart de ce montant est récolté d’ici septembre 2018, ce dernier croit qu’il sera possible de terminer la première phase à temps pour la prochaine rentrée scolaire. 

L’établissement s’est associé à Recettes en pot pour amasser les fonds nécessaires. Pourquoi une entreprise montréalaise ? En fait, même si la compagnie a un pied-à-terre dans la grande métropole, elle s’assure de toujours d’impliquer des entreprises d’économies locales dans chacune des campagnes de financement.

De plus, le centre de formation professionnelle Bel-Avenir se chargera d’imprimer les étiquettes alors que les élèves de l’École en fleurs s’occuperont de les attacher aux pots qui seront ensuite vendus 10 $ chacun. La moitié de ce montant ira directement au projet de la salle blanche.

Tous ceux qui souhaitent donner un coup de pouce à l’école Chavigny peuvent le faire en se procurant des recettes de biscuits au chocolat, de brownies ou encore de soupe aux lentilles disponibles sur le site internet de la campagne de financement.

À la toute fin, le même nombre de pots vendus seront remis en repas à Moisson Mauricie. « Ça fait tourner la roue. En nous aidant, vous aidez aussi Moisson Mauricie », a lancé M. St-Hilaire. 

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