Trois ports s’unissent pour être plus compétitifs

Par Audrey Leblanc
Trois ports s’unissent pour être plus compétitifs
Le port de Trois-Rivières. (Photo : (Photo archives - Éric Guertin))

Les administrations portuaires de ­Trois-Rivières, ­Montréal et ­Québec s’unissent pour former un groupe de travail visant à identifier et à faciliter la mise en oeuvre 
d’initiatives communes. Cette collaboration est motivée par des enjeux stratégiques, 
environnementaux et économiques.

Le fleuve ­Saint-Laurent représente la voie d’entrée et de sortie d’une multitude de biens, de denrées et de matières premières échangées avec le monde. Les trois administrations portuaires veulent justement miser sur cette force pour devenir encore plus compétitives.

«  ­Dans le monde, plus de 80 % du commerce se fait par navire et l’axe ­Saint-Laurent/Grands ­Lacs est le plus important corridor commercial du ­Canada. Nos infrastructures sont vitales pour notre économie, majeures à l’échelle du ­Saint-Laurent, mais petites à l’échelle des chaînes mondiales. Dans le cadre de cette nouvelle relation, nous souhaitons développer des chaînes logistiques et d’approvisionnement parmi les plus durables et les plus écoresponsables au niveau mondial et interprovincial  », explique ­Mario ­Girard, ­président-directeur général du port de ­Québec.

Le groupe de travail explorera différentes voies de collaboration pour permettre d’améliorer la compétitivité du corridor ­Saint-Laurent, comme la connexion entre les ports et les réseaux de transport par camion et par train, l’échange d’expertise ou la compatibilité des systèmes technologiques.

Le gouvernement du ­Canada ayant annoncé son intention de moderniser la ­Loi maritime du ­Canada, loi qui encadre le fonctionnement des administrations portuaires canadiennes, les conclusions du groupe de travail pourront aussi servir à alimenter le travail de ­Transports ­Canada.

«  ­On a un objectif commun qui est de faire du fleuve un axe compétitif, durable et intelligent. On a créé un comité et un va regarder l’ensemble de ce qu’on fait, autant sur le plan opérationnel, administratif, la gouvernance, etc. Cette vue d’ensemble va nous permettre de voir jusqu’à quel niveau on peut faire des partenariats. Présentement, la loi maritime n’en permet que très peu  », affirme ­Gaétan ­Boivin, ­président-directeur général du port de ­Trois-Rivières.

Au niveau de la commercialisation, par exemple, les trois ports veulent être en mesure de vendre la voie maritime du ­Saint-Laurent et les installations portuaires comme un tout plutôt que de façon individuelle.

«  Ça va nous permettre d’être un joueur beaucoup plus important, autant au ­Canada qu’à l’international, fait valoir M. Boivin. Quand on aura bien évalué la situation et qu’on aura identifié les principaux freins qu’on a à travailler en équipe, on demandera au gouvernement du ­Canada de modifier la loi, pour enlever ces freins. C’est un travail qu’on doit faire rapidement. On veut émettre des recommandations d’ici la fin de l’année.  »

72 millions de tonnes de marchandises

Les trois ports combinés manutentionnent annuellement environ 72,4 millions de tonnes de marchandises diverses, de conteneurs, de marchandises générales non conteneurisées ainsi que de vrac solides et liquides.

Répartis d’ouest en est sur 250 km de voie navigable, les ports de ­Montréal, de ­Québec et de ­Trois-Rivières ont beaucoup en commun. Ils sont coresponsables de l’exploitation sécuritaire du trafic sur le fleuve, ils desservent des écosystèmes économiques et sociaux qui s’entrecroisent et ils ont souvent les mêmes partenaires maritimes.

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