Quand bouger rime avec productivité

Par Audrey Leblanc
Quand bouger rime avec productivité
Le comité santé et mieux-être chez Soluce a organisé une soirée à thématique «Les jeux du primaire» le 19 mai dernier. Ils ont loué un gymnase pour l'occasion. (Photo : (Photo courtoisie))

Avec la pénurie de main-d’oeuvre, on voit de plus en plus d’entreprises aménager des gyms dans leurs locaux ou encore payer des abonnements à leurs employés. Cela fait partie des nombreux incitatifs mis de l’avant pour se démarquer. Mais pour certaines entreprises, ça va bien au-delà du simple moyen d’attraction. C’est une façon d’augmenter la productivité. C’est le pari qu’elles ont fait. Et ça fonctionne. 

Chez Soluce Fiscalité et Comptabilité inc. à Trois-Rivières, l’activité physique est une valeur importante au sein de l’organisation. On veut même en faire une culture d’entreprise.  

Il y a cinq ans, lors du déménagement de la boîte, les dirigeants en ont profité pour aménager un gym dans les nouveaux locaux.

« La demande était là, c’est quelque chose que les employés nous demandaient. Et comme on avait la latitude de le faire avec le déménagement, quand est venu le temps de faire les plans, on a inclus le projet. C’était tellement apprécié et utilisé que deux ans plus tard, on a agrandi », mentionne Patrick Massicotte, associé chez Soluce.

Le comité santé et mieux-être de l’entreprise veille à animer l’endroit en y organisant notamment des cours de groupe. « On a aussi deux équipes de dek hockey à l’interne, ajoute M. Massicotte. Dans la période des impôts, on fait de grosses journées. Les gens restent le soir et on remarque que le gym est occupé à pleine capacité. On a 50 employés au bureau de Trois-Rivières et je dirais que les trois quarts des employés l’utilisent sur une base régulière. » 

Depuis la pandémie, l’entreprise offre également les services d’une ressource en santé mentale. Il s’agit d’un coach personnel auquel les employés ont accès à leur guise. Et question de réduire le stress durant la période des impôts, une massothérapeute leur rend visite sur leur lieu de travail. 

« On le voit que ce sont toutes des choses qui font en sorte que les employés sont mieux au travail. Et quand on est bien au travail, ça crée une meilleure ambiance et tout le monde est plus performant. C’est une roue positive », témoigne M. Massicotte.

« De notre côté, comme entreprise, on veut aller plus loin, renchérit ce dernier. On a dans les plans prochainement d’aller chercher notre certification santé. »

Succès ailleurs en Mauricie 

Chez Omnifab à Louiseville, l’activité physique au travail est une réalité déjà bien ancrée. L’entreprise, qui œuvre dans le secteur de la fabrication mécanique industrielle, a mis en place plusieurs initiatives en ce sens ces dernières années. 

« On avait déjà un gym à la base, mais on n’aimait pas le rendement qu’il avait, indique Rosalie Morel, agente de développement chez Omnifab. On a donc décidé d’acheter dix vélos et d’essayer de faire un cours de groupe avec une kinésiologue. Après plusieurs essais, on a constaté un taux de participation très élevé. Les cours étaient pleins et on devait faire deux cours par jour pour combler tous les besoins. »

De là est venue l’idée de faire une salle multisports pour les employés et d’y incorporer d’autres cours de groupe tels que de la remise en forme et du yoga. « Ça permet de solidifier l’esprit d’équipe, de créer de nouvelles amitiés et d’augmenter la productivité dans l’usine », constate Mme Morel. 

Une stratégie déployée à travers le Québec

Pour inciter les entreprises à emboîter le pas, le ministère de l’Éducation du Québec, en collaboration avec M361, a mis sur pied ACTIZ, une stratégie de promotion numérique. 

« On produit des outils et du contenu pour outiller et inciter les entreprises à mettre en place des mesures en lien avec l’activité physique, précise Marianne Lacharité-Lemieux, kinésiologue et experte ACTIZ chez M361. On a réussi à rejoindre des entreprises dans pratiquement toutes les régions du Québec. Parallèlement à ça, on fait des cohortes de six semaines qui permettent d’accompagner les entrepreneurs pour passer à l’action. »

Dans un premier temps, cette dernière conseille de faire le topo du groupe d’employés afin de connaître les intérêts des gens et leurs freins à la pratique de l’activité physique. « En ayant ce portrait de base, ils sont en mesure de mieux décider des bonnes mesures à mettre en place, soutient-elle. Il faut aussi s’entourer de leaders naturels au sein de l’entreprise, des employés qui rassemblent naturellement les gens, pour faciliter l’implantation des nouvelles mesures. Le conseil que je donne toujours, c’est d’y aller par petits succès. »

« C’est possible de faire plein de petites choses simples comme incorporer des temps de pause dédiés à l’activité physique, donner accès à un kinésiologue et faire des réunions en marchant, énumère Mme Lacharité-Lemieux. Ça peut aussi être d’aménager des espaces peu coûteux pour faire de l’exercice, avec des tapis de yoga et des élastiques par exemple. Pourquoi ne pas faire des 5 à 7 volleyball au lieu du 5 à 7 traditionnel? »

Par ailleurs, l’équipe d’ACTIZ a dévoilé récemment les données d’un tout nouveau sondage sur la pratique régulière d’activités physiques en entreprise. Ce sondage, réalisé auprès de 300 dirigeants de PME québécoises, révèle notamment que la pratique régulière d’activités physiques au travail améliore la santé mentale des employés, améliore la gestion du stress et de l’anxiété pour les employés et améliore l’esprit d’équipe parmi les employés. 

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