Pénurie de logements: Trois-Rivières prépare un plan d’hébergement d’urgence

Marie-Eve B. Alarie

Pénurie de logements: Trois-Rivières prépare un plan d’hébergement d’urgence
Logement à louer (Photo : Archives)

À l’aube de la période annuelle des déménagements qui sera marquée par une pénurie sans précédent de logements, la Ville de Trois-Rivières s’allie à la Croix-Rouge, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières pour préparer un plan d’hébergement d’urgence et un service d’entreposage temporaire aux Trifluviens en situation critique.

Par l’entremise d’un contrat de service qui sera octroyé lundi par le comité exécutif, la Ville confie à la Croix-Rouge l’accompagnement des familles qui n’ont aucune autre alternative.

Une enveloppe budgétaire d’urgence sera disponible afin de soutenir temporairement les personnes en situation critique pouvant se retrouver à la rue. Au moment d’écrire ces lignes, une vingtaine de ménages seront potentiellement sans logement au 1er juillet prochain sur le territoire de Trois-Rivières.

Pour s’informer des mesures de soutien de dernier recours, les personnes en situation critique doivent contacter le service d’aide à la recherche au logement de l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières au 819 378-5438 option 3.

Les propriétaires de logement locatif vacant peuvent également entrer en contact avec ce service pour proposer des logements disponibles.

Vers un registre des loyers?

La Ville de Trois-Rivières étudie présentement la proposition de résolution transmise par le Regroupement des organismes d’éducation populaire de la Mauricie (ROÉPAM) visant à mettre sur pied un registre des loyers à Trois-Rivières.

Ce registre aurait pour objectif de colliger le montant du loyer exigé pour chaque logement sur le territoire et de rendre l’information publique.

« On a reçu la proposition de résolution vendredi dernier. On est en action pour voir comment traduire ça dans nos actions et voir comment on peut se servir de cet outil qu’ils nous ont fourni. Il faut aussi voir de quelle façon ça se traduirait sur le plan budgétaire », commente le maire Jean Lamarche.

D’après l’avis juridique fourni par le ROÉPAM, « la Ville dispose de la compétence nécessaire pour la mise en place d’un registre des loyers résidentiels exigibles sur son territoire. Il en découle que la Ville peut, à notre avis, obliger tout propriétaire d’un immeuble locatif résidentiel à lui déclarer le montant du loyer qu’il exige pour chacun de ses logements et rendre cette information publique ».

La Ville souhaite toutefois faire valider le tout par son service juridique, ce qui devrait être fait d’ici quelques jours.

Le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin, a profité de la dernière séance publique du conseil municipal pour déposer un avis de motion

« Nous sommes présentement dans un contexte de crise du logement sans précédent. Un registre, c’est une façon de cumuler des informations sur le prix des loyers et de les rendre publiques. C’est de la transparence, soutient M. Fortin. Ça ne viserait qu’à diffuser l’information, mais ça pourrait avoir un effet sur les fluctuations de loyer, sans empêcher les propriétaires à augmenter les loyers. Je veux qu’on se penche sérieusement sur la question. »

Portrait de la pénurie de logements pour les personnes vulnérables

Au début du mois, le Consortium en développement social de la Mauricie et ses collaborateurs ont tenu le Rendez-vous sur l’habitation et le logement social en Mauricie, qui a réuni 120 participants provenant de différents secteurs d’activités, ainsi que des organisations de la région.

Ce fut l’occasion de présenter les premiers résultats d’un portrait d’accès à un logement pour les personnes vulnérables à faible revenu, des personnes aînées, autochtones, en situation d’immigration récente, femmes fuyant la violence conjugale et des personnes vivant avec une dépendance ou des problèmes de santé mentale.

La présentation des politiques et programmes a démontré que les besoins des groupes

ciblés y sont peu présents, laissant aux différents milieux la responsabilité d’y trouver des réponses. Les besoins et réalités vécues par les personnes vulnérables ont été documentés, illustrant comment inégalités sociales, santé et logement sont liés.

Dans un contexte où les logements disponibles sont rares et sous le seuil d’inoccupation équilibré de 3 % (0,9 % à Trois-Rivières et 2 % à Shawinigan), il est de plus en plus difficile de trouver un logement abordable, salubre et sécuritaire.

En réaction aux présentations, les personnes participantes ont identifié les particularités territoriales, décelé les angles morts et les pistes d’action en réponse au besoin des groupes ciblés. Il a été mentionné l’importance de traiter le dossier de l’habitation non pas au niveau de l’abordabilité mais plutôt de la rareté de logement accessible. Cette perspective est différente car elle devient d’abord un facteur de stress puis vient fragiliser la capacité de payer des personnes. La Maurice est la région où les locataires sont les plus pauvres au Québec. Bien que le parc de logement fut l’un des plus abordables, cette réalité s’estompe.

Les informations recueillies lors de la journée serviront à soutenir l’analyse de l’équipe de recherche. À l’hiver 2023, l’ensemble des résultats de la recherche, incluant les plus récentes données quantitatives sur le logement diffusées au cours de l’automne 2022 seront accessibles dans le portait de l’habitation et du logement social en Mauricie.

Cet outil de référence basé sur une étude rigoureuse permettra de soutenir des décisions éclairées quant aux orientations et actions à prendre dans le futur.

Le Consortium en développement social de la Mauricie prévoit organiser un deuxième rendez-vous pour présenter l’ensemble des résultats du projet.

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