« La sécurité publique est l’affaire de tous »

Par marie_eve_alarie
« La sécurité publique est l’affaire de tous »
Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval et président de l'Association des directeurs de police du Québec. (Photo : (Photo Marie-Eve Alarie))

L’Association des directeurs de police (ADPQ) fait appel à la population pour que la société travaille conjointement avec les services de police dans le but de réduire la hausse de crimes violents et les infractions contre la personne.

C’est le thème de la capsule vidéo de janvier de la campagne de valorisation de la fonction policière, qui a été lancée à Trois-Rivières mardi. La capsule vidéo met en scène des policiers qui jouent au hockey avec des jeunes plutôt que contre eux. L’objectif: mettre en lumière l’importance du partenariat, de l’échange et de la collaboration pour assurer la sécurité de tous.

« Le thème On joue tous dans la même équipe est évocateur. La sécurité publique n’est pas possible sans les citoyens et les organismes communautaires avec lesquels on collabore. On travaille fort pour inclure tous les secteurs dans la sécurité publique, précise Maxime Gagnon, directeur de la Police de Trois-Rivières. Pour nous, le nerf de la guerre, c’est l’information. Si on est capable d’échanger des informations avec divers organismes et la population en général, entre les corps policiers aussi, ça amène une meilleure résolution de problèmes et de résolution de crimes. La collaboration avec les organismes municipaux, la ligne Halte au crime et la surveillance de quartier sont également un plus en ce sens. »

« La sécurité publique est l’affaire de tous. Ça commence dans les quartiers, si une personne est témoin d’un geste louche, si un employé est témoin d’une situation de harcèlement au sein de l’entreprise…On est là pour travailler en équipe avec la population », soutient Pierre Brochet, directeur du Service de police de Laval et président de l’ADPQ. 

Près de 600 dossiers de violence conjugale à Trois-Rivières

À travers le Québec, l’indice de gravité des crimes violents en 2021 a augmenté de 5% au Québec par rapport à 2020, d’après Statistique Canada. C’est au Québec que l’indice de gravité des crimes est le plus élevé au Canada.

« Selon le document Criminalité au Québec, les crimes contre la personne ont augmenté de 11,9% en près de 10 ans. Parmi ceux-ci, les infractions d’ordre sexuel ont augmenté de 194%, les agressions sexuelles de 79% et le harcèlement de 39%. La statistiques sont loin d’être reluisantes. Nous devons travailler ensemble pour contrer le phénomène de violence armée, mais également de violence contre la personne », affirme M. Brochet.

Trois-Rivières n’échappe pas à la statistique. La Direction de la police de Trois-Rivières constate une augmentation constante des crimes contre la personne, qui incluent la violence conjugale et les crimes à caractère sexuel, depuis 2017.

« Je n’ai pas encore la statistique finale, mais on s’attend à près de 600 dossiers de violence conjugale en 2022, ce qui est une hausse par rapport à 2021 et ainsi de suite. On voit la même chose qu’ailleurs dans la province », souligne M. Gagnon.

La section des enquêtes a d’ailleurs dû être réorganisée afin d’attitrer davantage d’enquêteurs aux crimes contre la personne en raison de l’augmentation de la charge de travail. La Direction de la police de Trois-Rivières dispose aussi, depuis peu, d’une ressource spécialisée dans les crimes à caractère sexuel.

Une perception à améliorer

Aux yeux de l’Association des directeurs de police, il est important de valoriser le métier policier en ce moment. « Indirectement, la perception parfois négative du travail des policiers affecte le recrutement de la relève, explique M. Brochet. Le métier de policier est devenu plus complexe dans les dernières années. On a vu le meurtre de M. Floyd aux États-Unis, on a beaucoup parlé de profilage racial, les dossiers et enjeux sont plus complexes et on fait face à une hausse de la criminalité jusqu’à un certain point. Les policiers sont aussi de plus en plus filmés en temps réel pendant leurs interventions. »

« C’est surtout le côté négatif du travail qui ressort, entre autres l’usage de la force. Les jeunes sont peut-être moins tentés de devenir policiers dans ce contexte, ajoute-t-il. On vise beaucoup le recrutement de minorités visibles pour augmenter la diversité au sein des corps de police, mais pour y arriver, il faut également rappeler que c’est un beau métier, augmenter la fierté des policiers envers leur travail et mieux faire connaître le quotidien des policiers. »

« Les policiers sont souvent critiqués pour des interventions qui sont rapidement jugées. Dans les faits, sur environ 33 000 interventions à Trois-Rivières, il n’y en a que quelques-unes qui se rendent devant le comité de déontologie policière. Donc, on considère que le travail est vraiment bien fait, renchérit Maxime Gagnon. Mais souvent, c’est ce qui est négatif qui ressort en boucle et ça peut amener de la démotivation chez les policiers, d’où la pertinence des capsules vidéo. On veut rappeler à nos policiers qu’on est fier de leur travail. »

D’après un sondage effectué en novembre 2020 par la Direction de la police de Trois-Rivières, la population trifluvienne se montre essentiellement satisfaite sur travail des policiers. Sur les 951 personnes ayant répondu au sondage, 85% des répondants se sont dits d’accord ou fortement en accord avec le fait que la police traite les gens avec respect. Une majorité de répondants (82%) se sont aussi dits satisfaits de la façon dont ils ont été traités par les policiers lors de leur dernier appel à la DPTR.

Pour voir la capsule vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=BTfhkyB9Who

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