La crise du logement s’aggrave à Trois-Rivières

Par Audrey Leblanc
La crise du logement s’aggrave à Trois-Rivières
Claude Durand, président du conseil d'administration d'InfoLogis Mauricie. (Photo : (Photo - Audrey Leblanc))

« La situation ne s’est pas améliorée, même si on en parle depuis des mois. C’est même pire cette année. La lumière rouge est allumée. » Ce sont les mots de Claude Durand, président du conseil d’administration d’InfoLogis Mauricie, organisme qui défend les droits des locataires et fait la promotion du logement social. À quelques jours du 1er juillet, des dizaines de personnes sont sans logement à Trois-Rivières. Et malgré tous les efforts déployés par les partenaires du secteur de l’habitation, des gens se retrouveront à la rue. 

Actuellement, le taux d’inoccupation à Trois-Rivières vacille entre 0,8 et 0,9 %. « De mémoire d’homme, je n’ai jamais vu ça à Trois-Rivières en bas de 1 %, lance M. Durand. Actuellement, il y a des gens à Trois-Rivières qui vont se retrouver à la rue le 1er juillet. »

Des exemples, InfoLogis Mauricie en a plein.

« On a, entre autres, une famille de quatre enfants avec des animaux et un couple de personnes âgées, 77 ans et 72 ans. Ils n’ont plus de logement à partir du 1er juillet. Ils sont à la rue. Des personnes âgées, des personnes qui ont aidé à construire la ville », déplore vigoureusement M. Durand.  

On le sait, le coût des logements a fait un bond énorme. C’est partout la même chose, pas seulement à Trois-Rivières. Et même si certains aimeraient se tourner vers l’achat d’une maison, ce n’est pas toujours possible avec le prix des maisons qui a également explosé. 

« Il y a des gens qui n’y arrivent plus, soutient M. Durand. Il y a aussi des gens qui doivent quitter leur logement pour cause de rénovations ou encore parce que le propriétaire va y loger sa propre famille. On est face à toutes sortes de situations. »

30 appels par jour

Tous ces gens se tournent donc vers InfoLogis Mauricie en dernier recours. Habituellement, l’organisme reçoit une dizaine d’appels de locataires à l’approche du 1er juillet. Mais dans les dernières semaines, on parle d’une moyenne de 30 appels par jour. Sans compter toutes les demandes par courriel.

« Nos employés dévoués sont débordés, ne cache pas M. Durand. On est pris avec divers problèmes à résoudre très, très vite. De notre côté, on travaille avec des partenaires pour tenter de les aider au mieux qu’on le peut. La Ville nous donne un coup de main. Parfois, on arrive à loger quelques personnes temporairement dans des hôtels et des motels en attendant de trouver quelque chose. »

« Certains logements sont libres, mais ils sont le prix d’un condo. C’est impensable pour bien des gens. Ça n’a pas de bon sens, ajoute ce dernier. Il faut que la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec entende notre message et passe à l’action. Il faut investir pour le logement abordable. Les gens sont pris à la gorge. Le manque de logements abordables est criant et malgré tous les efforts déployés, il y aura vraisemblablement des gens qui n’auront aucune place où habiter le 1er juillet. » 

En mode solution

Réunis le 2 juin à Trois-Rivières, les acteurs de l’habitation dans la région ont encore tenté de trouver des solutions au problème. Ils étaient plus d’une centaine à se poser la question et à réfléchir ensemble. 

« Tout converge vers le financement du gouvernement. C’est le nerf de la guerre. Ça prend plus d’argent pour créer plus de logements », conclut M. Durand.

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