Réouverture des commerces non essentiels dès le 8 février

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Par Marie-Eve B. Alarie
Réouverture des commerces non essentiels dès le 8 février
François Legault, premier ministre du Québec. (Photo : courtoisie)

Le premier ministre François Legault annonce le début d’un déconfinement à partir du 8 février. Partout au Québec, les commerces non essentiels, les centres commerciaux, les salons de coiffure, ainsi que les musées pourront rouvrir leurs portes. Si six régions passeront en zone orange à ce moment, la région de la Mauricie/Centre-du-Québec demeure en zone rouge.

«La situation s’améliore depuis quelques semaines au Québec. Les efforts faits par les Québécois ont donné des résultats. Il y a encore des inquiétudes au niveau des hôpitaux. On est à 34% de délestage au Québec. C’est un petit déconfinement, mais il faut y aller de façon graduelle pour se donner une chance dans les hôpitaux», lance le premier ministre.

En Mauricie/Centre-du-Québec, le couvre-feu est maintenu à 20h, l’interdiction des visites dans les maisons demeure, tout comme le télétravail obligatoire. Par ailleurs, les salles à manger des restaurants, les théâtres et les cinémas demeurent fermés. Les activités physiques extérieures seront toutefois autorisées pour des groupes de quatre personnes pouvant provenir de quatre résidences différentes à partir du 8 février.

On permettra également le retour des étudiants dans les cégeps et les universités à partir de lundi.

La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec passent en zone orange.

Tous les détails sur les assouplissements: Assouplissements aux mesures de confinement

Des assouplissements bienvenus

La Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCI3R) se réjouit des assouplissements annoncés.

«On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait un déconfinement général. Il faut y aller graduellement. Je suis content pour les commerces et les musées qui pourront rouvrir. Ça aurait été imprudent d’aller au-delà des assouplissements annoncés quand on pense, entre autres, à la livraison des vaccins qui ne se fait pas au rythme prévu», commente Jean Pellerin, président de la CCI3R.

M. Pellerin comprend toutefois que certains secteurs soient déçus, notamment la restauration. Il rappelle que les gouvernements doivent aussi demeurer sensibles à la réalité des autres secteurs.

«Les mesures vont devoir être poursuivies, voire améliorées. On pense à la restauration. C’est un secteur qui n’a peut-être pas l’aide qu’il mérite. Avec la prolongation de la fermeture, c’est important que les gouvernements soient présents pour soutenir les restaurateurs et les autres secteurs encore confinés comme les centres d’entraînement», plaide-t-il.

«Voir des régions passer en zone orange, ça nous envoie le message qu’il faut continuer de respecter les mesures si on veut y arriver nous aussi. Ce n’est pas le moment de tricher ou de relâcher. C’est de demeurer solidaire», ajoute le président de la CCI3R.

Ce dernier fait aussi remarquer que dans cette période difficile, la communauté d’affaires se serre les coudes et les campagnes d’achat local donnent de bons résultats. «La campagne des restaurateurs lancée la semaine dernière va très bien. Les gens répondent de façon incroyable! C’est encourageant et ça démontre qu’on peut être fier de notre région», conclut-il.

De «petits changements»

Le maire Jean Lamarche accueille aussi favorablement les assouplissements annoncés mardi soir concernant la réouverture des commerces de détail et des salons de coiffure.

«On se doutait qu’on ne serait pas en zone orange. Le premier ministre disait que ce sont de petits changements. En effet, ce sont de petits changements. Je sais que certains vont le voir avec espoir, tandis que d’autres vivront de la déception de voir les restaurants et les centres d’entraînement encore fermés dans la région. J’espère que le gouvernement reconnaîtra les gens et commerces qui restent ainsi en zone rouge plus longtemps», précise-t-il.

Durant la séance du conseil municipal mardi, les élus ont d’ailleurs approuvé des demandes d’aide financière à plus de 50 commerces et entreprises dans le cadre du Fonds local d’investissement – mesure d’urgences pour petites et moyennes entreprises volet aide aux entreprises en régions en alerte maximale.

Il reste 3 M$ ur les 12 M$ accordés à Trois-Rivières dans ce fonds. Innovation et Développement économique Trois-Rivières, qui gère le fonds, reçoit entre 50 et 60 nouvelles demande d’aide financière par semaine.

«Nous espérons que les visiteurs seront au rendez-vous»

À Culture Trois-Rivières, on a accueilli l’annonce de la réouverture des musées comme une belle surprise.

«On n’était pas au courant que le gouvernement s’apprêtait à permettre la réouverture des musées. C’est une très bonne nouvelle. On se met à pied d’œuvre. Je pense que ce sera bien reçu par les gens», commente Nancy Kukovica, directrice générale de Culture Trois-Rivières.

Les institutions muséales gérées par Culture Trois-Rivières, soit Boréalis, l’Espace Pauline-Julien et  le Centre d’exposition Raymond-Lasnier, ne seront cependant pas prêtes à rouvrir leurs portes le 8 février.

«On doit faire de l’entretien sur l’exposition permanente de Boréalis dans les prochaines semaines, ce qui nous amène un délai pour la réouverture. Quant à l’Espace Pauline-Julien, on n’avait pas reçu l’exposition qu’on devait recevoir en janvier en raison du confinement. Il faut reprendre contact avec les artistes pour voir les possibilités. On va s’assurer d’être prêt pour accueillir les gens bientôt», précise Mme Kukovica.

Culture Trois-Rivières doit aussi renouer avec les employés des institutions muséales pour voir leurs disponibilités ou évaluer les besoins de mobilité interne. L’organisation vise une réouverture de ses musées pour la relâche. Le dévoilement de la programmation d’activités pour la relâche se fera d’ailleurs sous peu.

Médiat-Muse, le regroupement d’institutions muséales de la Mauricie et du Centre-du-Québec, se réjouit aussi de l’annonce la réouverture des musées aux quatre coins du Québec.

«La culture fait partie intégrante de nos vie et son importance n’est pas à sous-estimer, témoigne Émilie Papillon, présidente de Médiat-Muse. Nos membres vont tout mettre en œuvre pour la réouverture progressive de leur lieu, chacun à son rythme. Nous sommes très contents que la culture soit de nouveau accessible en présentiel.»

«Même si nous avons réalisé plusieurs activités hors murs ou virtuelles pour rejoindre les visiteurs, rien ne vaut la découverte physique d’une exposition, dans le respect des mesures sanitaires strictes du gouvernement. Nous espérons que les visiteurs seront au rendez-vous», ajoute-t-elle.

Les derniers mois ont évidemment été un défi pour les musées qui sont fermés depuis le début du mois.

«La majorité de nos institutions n’a pas pu garder le lien d’emploi avec les guides à temps partiel qui sont, pour la majorité, des étudiants. Bien évidemment, pour ouvrir, il faut du personnel. Les prochaines semaines seront donc importantes pour la préparation de nos réouvertures et la mise en place de nos ressources humaines», précise Mme Papillon.

L’UQTR attend des directives plus précises

Pour l’heure, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) maintient les mesures actuelles concernant l’enseignement à distance, le télétravail et les exigences reliées aux consignes sanitaires.

«L’UQTR entend tout mettre en oeuvre pour protéger la santé physique et mentale, mais aussi la sécurité des étudiants, des employés, de leurs familles et de nos communautés. Pour l’heure, nous attendons les directives plus précises de la part de la ministre de l’Enseignement supérieur, promises pour jeudi. Nous pourrons alors déterminer les scénarios à considérer en regard des mesures de déconfinement. Il est clair que cet exercice requiert réflexion et consultation des professeurs, des chargés de cours et des étudiants. Comme le signalait le premier ministre, la situation demeure critique. Conséquemment, aucune mesure hâtive ne sera mise de l’avant afin de ne pas mettre à risque nos étudiants et notre personnel. Nous nous assurons d’y réfléchir dans le respect de toutes et tous», commente Christian Blanchette, recteur de l’UQTR.

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