Un atelier de vélo communautaire voit le jour

Par marie_eve_alarie
Un atelier de vélo communautaire voit le jour
Sylvain Longpré, Maude Fontaine, Claude Ferron, Denis Roy, Mario Belley, Clarys Rancourt, Ghislain Lachance et Mariannick Mercure font partie des cyclistes mobilisés dans le projet de La Cyclerie. (Photo : (Photo Marie-Eve Alarie))

Une dizaine de personnes qui ont intégré la pratique du vélo à différents niveaux dans leur quotidien se sont serrés les coudes pour mettre sur pied La Cyclerie, un atelier de vélo communautaire sans but lucratif à Trois-Rivières.

Par le biais de la Cyclerie, les cyclistes débutants comme aguerris pourront suivre des formations sur la mécanique vélo et avoir accès à des outils collectifs. Éventuellement, la Cyclerie aimerait aussi vendre des pièces et de l’équipement neufs et usagés.

« On veut également que ce soit un lieu d’échanges où on peut aller jaser avec des gens en allant changer le pneu de son vélo. C’est de partir un mouvement pour qu’il y ait plus de personnes qui utilisent leur vélo dans leur quotidien pour aller travailler, également. À Trois-Rivières, il y a des centaines ou des milliers de personnes qui habitent à cinq minutes de leur lieu de travail et qui y vont en voiture. On aimerait faire changer les mentalités », explique Maude Fontaine, qui s’implique dans la mise sur pied de la Cyclerie.

Le projet est né du besoin exprimé par plusieurs cyclistes de pouvoir compter sur un atelier de réparation communautaire, surtout depuis que Laferté Bicycles a quitté le centre-ville de Trois-Rivières. « C’est un concept qui existe ailleurs, dans de plus grandes villes comme de plus petites villes. Le plus près de chez nous se trouve à Victoriaville. On sentait un besoin de rassembler la communauté vélo également. Ailleurs, ces ateliers ont souvent des partenariats avec les établissements d’enseignement ou des organismes communautaires », précise Mariannick Mercure.

Faire tomber certains freins

L’idée derrière le projet est aussi de démocratiser l’usage du vélo comme moyen de transport durable, mais aussi abordable. Avec le fort engouement qu’à connu le plein air et le vélo durant la pandémie, les vélos se font plus rares et sont généralement dispendieux lorsqu’achetés neufs. « C’est quasiment devenu un sport d’élite. J’ai le goût de ramener ça à quelque chose d’abordable pour tout le monde. Ce n’est pas facile d’entretenir un vélo quand on a pas certaines connaissances. Je vois la Cyclerie comme une piste de solution pour rendre le vélo plus accessible à tous. J’ai passé 37 ans de ma vie à gérer des infrastructures. J’ai vu la différence entre le moment où j’ai commencé et aujourd’hui, notamment la pression des voitures sur les infrastructures et les changements climatiques. J’ai compris qu’il fallait trouver une solution. Ils m’ont parlé de ce projet. Je suis peut-être la personne type à viser parce que je fais du vélo, mais essentiellement pour mes loisirs. J’ai vu ça comme une piste de solution pour amener des changements dans la culture de la voiture », précise Ghislain Lachance.

Beaucoup de personnes voient également plusieurs freins et défis face à l’utilisation du vélo dans leurs déplacements quotidiens. « L’idée n’est pas de passer du tout au tout et de n’utiliser que son vélo, par exemple. C’est un peu comme lorsqu’on parle de diminuer sa consommation de viande et que ça a déjà un impact si on mange un ou deux repas de viande de moins par semaine. Si on utilise le vélo plutôt que l’auto pour trois ou quatre déplacements dans une semaine, c’est déjà ça et collectivement, ça fait une différence », souligne Denis Roy.

Mariannick Mercure utilisait son vélo pour pratiquement tous ses déplacements lorsqu’elle habitait à Montréal durant ses études, mais lors de son retour dans la région, elle a progressivement laissé tomber l’usage de son vélo pour ses déplacements utilitaires. « Il y avait un manque d’infrastructures, puis j’ai eu un enfant. Ça me semblait compliqué de recommencer. Je me suis équipée, mais encore aujourd’hui, j’essaie de répondre à ces freins que j’ai. On veut pouvoir s’asseoir et s’entraider dans ce processus », raconte-t-elle.

« Je remarque aussi que l’arrivée des vélos à assistance électrique a changé la donne, car ça vient sécuriser les gens sur la distance qu’ils veulent parcourir. Peut-être qu’en temps normal, ils oseraient moins utiliser le vélo sur une plus longue distance, mais avec l’assistance électrique, ils sont plus à l’aise de le faire », note Mario Belley.

À terme, les personnes impliquées dans la Cyclerie espèrent que leur projet contribuera à développer une plus grande communauté vélo à Trois-Rivières.

Les détails entourant le lieu, notamment, et la formule que prendra la Cyclerie seront précisés sous peu. Des activités seront cependant lancées dès cet été.

Pour en savoir plus: https://www.facebook.com/LaCyclerie3R

 

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Marceau J-P
Marceau J-P
1 mois

Je désire ardemment me joindre à cet élan.