40 ans à faire valoir ses droits

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Par Stéphanie Paradis
40 ans à faire valoir ses droits
Liliane Fournier, pionnière du GDDS. (Photo : Stéphanie Paradis)

Environ 9000 citoyens de Trois-Rivières sont prestataires de l’aide sociale. C’est d’ailleurs pour ces personnes à faible revenu que le Groupement pour la défense des droits sociaux (GDDS) de Trois-Rivières a été fondé il y a aujourd’hui 40 ans.

Afin de souligner son anniversaire, le GDDS a regroupé ses membres, d’anciens administrateurs et nombreux de ses partenaires pour réaliser un bilan sommaire des 40 dernières années et dévoiler la nouvelle image de l’organisme.

«Le GDDS, c’est plus de 30 000 demandes d’information et de références en 40 ans, dont environ 9300 qui ont nécessité l’intervention de l’organisme ou d’un avocat auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour rectifier une situation», souligne Pierre Blanchet, coordonnateur de l’organisme.

Le nouveau logo du GDDS, inauguré lors du 40e anniversaire de l’organisme.

«De plus, on était rendu à changer de logo, qui un élément important de l’image d’une organisation. C’est une page qu’on vire. Le livre est encore ouvert et on ajoute une nouvelle image à notre livre d’histoire», poursuit-il.

«Le GDDS a eu un impact dans la communauté depuis sa création. Il y a eu des gains pour les individus, mais également des gains collectifs, car il y a des choses dans la loi qui ont changé grâce à notre implication et celle des autres organismes qui travaillent dans le même domaine que nous», ajoute M. Blanchet.

Pour l’avenir de l’organisme, Pierre Blanchet affirme que celui-ci, en plus de poursuivre avec ses services actuels, souhaite être encore plus présent. «Bien qu’il y ait 9000 personnes qui bénéficient de l’aide sociale aujourd’hui à Trois-Rivières, ce ne sont pas toujours les mêmes personnes de mois en mois et d’année en année qui en bénéficient, alors ce sont de nouvelles personnes qui doivent connaitre l’existence de l’organisme. Ça va demander plus de ressources», estime le coordonnateur.

Des démarches seront ainsi entamées afin d’obtenir du financement, et pour augmenter la visibilité du GDDS ainsi que son efficacité.

40 ans de conditions difficiles

Le Québec s’est doté de la loi d’aide sociale il y a 50 ans. «Étant donné qu’il y avait beaucoup d’injustices dans cette loi, des groupes de défense des prestataires ont commencé à se former, ici et là, à la grandeur du Québec. En 1980, un groupe est alors formé à Trois-Rivières, soit le GDDS», explique Olier Couture, président de l’organisme.

Liliane Fournier, pionnière du GDDS, se souvient du contexte dans lequel celui-ci a été mis sur pieds: «Le GDDS a été implanté dans une période économique extrêmement difficile. Les personnes à l’aide sociale connaissaient peu leurs droits et c’était très important que l’organisme voir le jour», témoigne Mme Fournier.

«40 ans plus tard, je constate que le système d’aide sociale est difficile d’accès pour plusieurs personnes et que la valeur des prestations n’a pas augmenté vraiment. C’est donc essentiel qu’un organisme comme le GDDS soit encore présent pour défendre les intérêts des personnes à faible revenu», conclut-elle.

Pierre Blanchet mentionne d’ailleurs que, selon le Collectif pour un Québec sans pauvreté, lors de la première année d’application de la loi de l’aide sociale, les prestations de base attribuées en 1970 auraient valu en dollars constants 674 $. En 2020, cette prestation de base est de 690 $.

En Mauricie, 8,3% des citoyens bénéficient de l’aide sociale, comparativement à 5,6% dans le reste de la province.

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