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Démission à la Maison Carignan


Publié le 6 septembre 2017

Rosaire Hébert.

©Marc-André Pelletier

COMMUNAUTÉ. Après 15 ans à la présidence du conseil d'administration de la Maison Carignan, Rosaire Hébert démissionne. Cette décision survient trois mois après que ce courtier en assurances et en épargnes collectives ait plaidé coupable à 21 chefs d'accusation de conflits d'intérêts, dont deux sont en rapport avec la Maison Carignan.

d’avoir aidé les résidents On se rappelle qu'après avoir enregistré son plaidoyer de culpabilité devant la chambre de la sécurité financière, à la mi-juin, il s'était retiré temporairement des réunions du conseil d'administration, le temps d’y voir plus clair sur les tenants et aboutissants de cette situation délicate. Réflexion faite, il a décidé de quitter définitivement ses fonctions.

«Après mûre réflexion et pour le bien de l’organisme, j’ai décidé de me retirer du conseil d’administration en remettant par le fait même ma démission. Prenez bien soin de cette oeuvre qui apporte beaucoup d’aide et de réconfort aux gens aux prises avec un problème de dépendance», a-t-il écrit aux membres du conseil d’administration de la Maison Carignan, qui se pencheront sur la question de la présidence lors de la séance régulière du 28 septembre prochain.

À ses yeux, cette décision était la plus sage pour ne pas nuire à l’image et à la pérennité de l'organisme qui vient en aide à des personnes alcooliques et toxicomanes. En même temps, il indique avoir agi de bonne foi dans toute cette affaire de conflits d'intérêts, admettant  toutefois ne pas avoir suffisamment pris connaissance de toutes les dispositions en terme d’éthique pour être au-delà de ce qu’on lui reproche.

Quinze ans de fierté

Rosaire Hébert a été élu membre du Conseil d’administration, en 1997. «Je voyais une oeuvre qui aidait les gens et qui leur faisait du bien. J’avais le goût de m’y impliquer et de la voir progresser».

Cinq ans après son arrivée, il accédait à la présidence de l’organisme parce qu’il désirait que la Maison Carignan atteigne des résultats encore plus élevés au chapitre de la réussite thérapeutique.

«Je me suis basé sur les statistiques en assurance-vie qui font ressortir qu’environ 80% des gens qui cessent de consommer la cigarette durant 12 mois ne recommencent pas à fumer. Voilà pourquoi l’objectif de 12 mois de sobriété post thérapeutique a été prôné afin d’augmenter le taux de réussite des bénéficiaires de la Maison Carignan», explique Rosaire Hébert.

La réalisation d’une aile exclusivement réservée aux femmes figure parmi ses meilleurs souvenirs. L’agrandissement de la Maison Carignan qui a permis de développer le volet féminin a été aussi une occasion d’effectuer une mise à jour des bâtiments aux normes gouvernementales.

«Les femmes peuvent ainsi bénéficier d’une approche plus personnalisée et de ce fait, augmenter leurs chances de réussite».

D’ailleurs, depuis 3 ans, la Maison Carignan qui affiche presque complet, a doublé le nombre d’intervenants grâce à l’embauche de personnes qualifiées. Monsieur Hébert a aussi été très élogieux à l’égard des «Soirées Réussite» où les personnes ayant réussi leur thérapie recevaient un certificat de mérite à la Salle J. Antonio Thompson. Des invités de marque comme Laurence Jalbert et Breen Leboeuf ont déjà eu une présence marquante à cette soirée pour faire valoir leurs encouragements aux récipiendaires.

«La qualité des services s’est améliorée de façon professionnelle au fil des ans. Je voudrais remercier le personnel, les membres du CA, d’avoir aidé les résidents à retrouver leur dignité», a-t-il conclu.