Le 3 octobre dernier, les directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec ont dressé le portrait de la situation des enfants et des adolescents du Québec en publiant leur bilan annuel. Il faut le dire, un bien triste bilan.
Seulement en Mauricie et au Centre-du-Québec, le DPJ a reçu 6 809 signalements soit, une augmentation de 788 signalements depuis l’an dernier. On explique cette hausse, entre autres raisons, par une plus grande sensibilité de la population face à la maltraitance des enfants. La hausse des signalements est aussi attribuée à l’appauvrissement d’une partie de la population.
Ce constat des DPJ m’émeut et m’interpelle. Des cas de violences physiques ou psychologiques sont rapportés par centaines. Des gestes qui peuvent même entraîner la mort. Comment peut-on en venir à faire souffrir un enfant au point qu’une personne extérieure en arrive à porter plainte auprès des autorités?
Je ne comprends pas. Et, je refuse d’accepter les raisons évoquées pour expliquer les dérapages de certains adultes envers des enfants. En sommes-nous rendus au point que la pauvreté engendre automatiquement l’imbécilité et la cruauté? Jadis, au Québec, bien que les corrections physiques pour corriger un enfant étaient utilisées et tolérées, nos ancêtres, qui vivaient souvent dans la misère, n’affirmaient-ils pas avec fierté que la seule richesse qu’ils possédaient fût leurs enfants. Enfants qu’ils avaient d’ailleurs souvent à la douzaine.
S'agirait-il d’histoires de nos grand-mères? Car, les DPJ rappellent que les enfants d’aujourd’hui sont les parents de demain. Les parents d’aujourd’hui sont donc par corrélation les enfants d’hier. Dans le fin fond de nos campagnes se cachaient peut-être de vulgaires abuseurs qui, à l’abri des regards et des autorités, se vautraient sur leurs enfants comme de véritables gorets sans en subir quelque représailles. Les abuseurs d’aujourd’hui, ceux-là que l’on dénonce de plus en plus aux DPJ, seraient-ils les héritiers d’un peuple de dégénérés qui ne respectaient pas leur progéniture?
Je refuse de vivre dans une société où la maltraitance envers un enfant serait banalisée ou acceptée. D’ailleurs, les DPJ mentionnent qu’ils ne peuvent agir seuls. Ils lancent un appel à la collectivité afin que tous se sentent responsables. Quand je pense qu’il existe des couples au Québec qui ne peuvent avoir d’enfants et qui entreprennent des démarches, souvent laborieuses et coûteuses, pour adopter des enfants à l’étranger alors qu’ici même, au Québec, peut-être dans ma rue, des parents martyrisent les leurs. Quelle tristesse…
