La mairesse Lise Landry, le président du syndicat de l'usine Louis-Gérard Dallaire et le vice-président de la CSN au Cœur-du-Québec Michel Angers ont lancé une campagne de sensibilisation pour amener Alcan à réinvestir en Mauricie. Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
Les syndiqués tendent la main à Alcan
Ils lancent leur mobilisation pour sauver l'aluminium en Mauricie
«Nous ne sommes pas en contestation. Le message que nous lançons à Alcan, c'est on vous veut!», résume Michel Angers, vice-président du conseil central de la CSN du Cœur-du-Québec et… travailleur de l'Alcan. Les syndiqués et leurs représentants tiendront une importante campagne de mobilisation d'ici l'automne afin d'amener la multinationale à réinvestir à Shawinigan pour préserver les 500 emplois de l'usine de la rue Saint-Sacrement.
Les travailleurs de l'aluminium de Shawinigan ont symboliquement lancé leur campagne de mobilisation régionale à Espace Shawinigan, l'ancienne aluminerie où la Cité de l'énergie présente des expositions en collaboration avec le Musée des beaux-arts. C'est là qu'a été réalisée la première coulée d'aluminium au Canada en 1901, alors que l'usine appartenait à la Pittsburgh Reduction Co.
La conférence de presse a réuni un grand nombre de maires et de représentants municipaux de toute la Mauricie. Ils demanderont d'ailleurs aux municipalités d'adopter des résolutions d'appui. Affichage, épinglettes, pétitions, sorties publiques, les travailleurs veulent démontrer que la Mauricie n'est pas prête à laisser Alcan plier bagage.
«Le Saguenay/Lac Saint-Jean a attiré deux milliards$ d'investissement parce que tout le milieu socio-économique s'est uni pour faciliter les investissements d'Alcan», explique M. Angers.
Le président du syndicat des travailleurs de l'usine, Louis-Gérard Dallaire, affirme que la haute direction de la multinationale a été prévenue de la démarche mauricienne. «Nous voulons qu'Alcan se prononce d'ici la fin de 2007 sur ses intentions à Shawinigan. C'est le bon temps parce que la coulée du métal est très rentable ces temps-ci.»
Les travailleurs considèrent que l'entreprise ne peut moralement se retirer, considérant la contribution de plusieurs générations de travailleurs et de l'accueil dont elle a fait preuve dans la région.
«Le départ envisagé d'Alcan pourrait porter un coup fatal, sinon très dur à toute notre structure industrielle», souligne M. Angers.
Les syndiqués ont profité de la conférence de presse pour lancer un dépliant afin de sensibiliser la région à l'importance de l'activité reliée à l'aluminium chez nous. On y rappelle que 825 emplois directs à plein temps y sont reliés, que l'Usine Shawinigan a une masse salariale de 42 millions$ et qu'Alcan est le quatrième employeur en importance en Mauricie. Le document porte le titre à saveur proactive de la campagne, «Alcan en Mauricie - Mettons-y de l'énergie».
«Nous sommes contents pour le Saguenay qui a décroché des investissements importants, mais nous croyons que c'est maintenant le tour de la Mauricie», mentionne M. Angers.
Le but de la démarche est de préserver les emplois au-delà de la fermeture de l'usine du boulevard Saint-Sacrement, prévue pour 2013 ou 2015.
Idéalement, les travailleurs souhaitent que des activités de coulée se poursuivent dans une nouvelle usine. «Il y a plusieurs petites usines à l'intérieur de l'usine. On se souviendra par exemple qu'il y a quelques années, il y avait une petite production d'alun pour l'assainissement des eaux. Il faut se montrer créatif, même s'il n'y a pas de projets précis de reconversion en ce moment», croit de son côté le président du syndicat.
«On peut diversifier les procédés industriels.»
De son côté, la mairesse Lise Landry laisse les syndiqués mener la démarche tout en les assurant de son support à la démarche.