Un accident est si vite arrivé
Un accident est si vite arrivé… Sylvia Garand, de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en sait quelque chose. Le 20 juin 1996, sa vie a basculé à cause d’un mégot de cigarette mal éteint oublié sur le plancher des toilettes d’un restaurant.
Rien ne laissait présager qu’au terme de sa soirée, la jeune femme, alors âgée de 37 ans, quitterait les lieux en civière, brûlée au troisième degré sur 91% de son corps, et au deuxième degré sur une bonne partie du pourcentage restant.
«La cigarette a touché mon pantalon et quand j’ai ouvert la porte, un courant d’air l’a littéralement enflammé. En quelques secondes, je me suis transformée en véritable torche humaine. Je suis sortie des toilettes en poussant des cris d’horreur qui me hantent encore la nuit. Les clients et la serveuse ne savaient pas quoi faire pour m’aider. J’ai brûlé vive tout en restant consciente de ce qui m’arrivait», témoigne-t-elle.
Pompiers, policiers et ambulanciers arrivent sur place pour lui venir en aide. Ils transportent la jeune femme à l’hôpital, avant son transfert à Québec où les médecins décident de provoquer un coma. Ses chances de survie sont évaluées à 2%. Quatre mois plus tard, Sylvia se réveille. Elle restera à l’hôpital jusqu’au 23 août 1997.
Une qualité de vie hypothéquée
Depuis l’accident, Sylvia Garand a subi 73 chirurgies sous anesthésie générale pour améliorer sa mobilité. Une 74e est prévue à l’automne. Elle a réappris à marcher, même si les médecins estimaient la chose impossible.
«Je sens continuellement une sensation de brûlure et des serrements, un peu comme des chocs électriques, même si je prends des médicaments pour atténuer la douleur. Lorsque je me lève le matin, je me situe entre 5 et 6 sur l’échelle de douleur (10 étant le plus douloureux). Le soir, il n’est pas rare que j’atteigne le 9», poursuit-elle.
Malgré toutes ses souffrances, Sylvia Garand a décidé de ne pas s’apitoyer sur son sort, mais plutôt de profiter de la vie et d’être heureuse. Elle est porte-parole des grands brûlés pour la 24e campagne de la Lotopompier et présidente d’honneur du premier défilé des services d’urgence de la MRC des Chenaux.
«Environ 75% de la surface de mon corps se compose aujourd’hui de la culture de ma propre peau. C’est grâce à la recherche si cela est possible. Les pompiers, par leur intervention et par leur fondation, ont eu un rôle déterminant à jouer dans ma survie. Je leur en suis extrêmement reconnaissante», conclut-elle.
Mauricie Express