L'urgence de Nicolet à la merci des médecins dépanneurs
Près de 50% des quarts ne sont pas remplis par des médecins du territoire
L'urgence du Centre Christ-Roi à Nicolet pourrait connaître un été difficile. Depuis deux semaines, l'urgence a craint deux fois de se retrouver sans médecin de garde, ce qui s'est finalement concrétisé dimanche dernier.
La raison du problème? Près de 50% des heures de travail à l'urgence de Nicolet sont actuellement accomplies par des médecins dépanneurs, qui acceptent des heures à la pièce, mais peuvent en tout temps refuser de prendre en charge de nouveaux quarts de travail. Comble de malchance, le ministère de la Santé n'a jamais eu autant de demandes pour ces mêmes médecins dépanneurs, ce qui complique encore les choses. «On nous a informés qu'il y a 85 établissements au Québec qui font en ce moment appel aux médecins dépanneurs. C'est un record», souligne Guillaume Cliche, agent d'information au Centre de santé et de services sociaux de Bécancour–Nicolet-Yamaska.
À Nicolet, même s'il y a quelques années que l'urgence fait appel aux médecins dépanneurs, jamais autant d'heures n'ont été exigées des médecins de l'extérieur. En fait, jusqu'en 2006, Nicolet disposait d'une banque d'heures satisfaisante de ses médecins, ce qui comblait la plupart de ses quarts de travail. Selon les responsables, les six médecins rattachés à l'urgence ont ensuite graduellement commencé à offrir moins de disponibilité au Centre Christ-Roi, ce qui a eu pour conséquence qu'à l'été 2007, l'urgence a été contrainte de fonctionner deux fois sans support d'un médecin. «Ça ne nous était jamais arrivé avant», affirme M. Cliche.
L'an dernier, un quart de six heures a donc été laissé à découvert le 23 juin. L'urgence a également fonctionné sans médecin le 14 juillet 2007, pendant sept heures.
«Ce qui est plus préoccupant, c'est que ça arrive tôt cette année»
Cette année, la situation est encore plus préoccupante puisqu'un quart sans médecin a déjà été accompli et que l'été n'est même pas encore véritablement commencé. «C'est sûr que l'été est une période névralgique à cause des vacances. Ça ne nous était jamais arrivé un manque de médecin aussi tôt que le 1er juin», admet M. Cliche, qui souligne que des mesures seront mises en place pour éviter que la situation ne dégénère.
«On va redoubler d'efforts pour s'assurer que ça se passe pour le mieux. On a d'ailleurs prévu une rencontre avec nos médecins affiliés pour préparer la période estivale et essayer de trouver des solutions ensemble.»