À l’avant-plan, on reconnaît le président du conseil de la Fabrique de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Derrière lui, les autres membres du conseil réunis devant l’église: Emma Battig, Monique Lefevre-Gauthier, Armande Germain et Marc Labrecque. Photo L’Hebdo/Marie-Eve Veillette
L'église de Sainte-Geneviève menacée de fermeture
L’avenir est sombre pour l’église de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Depuis 2004, le déficit s’accumule, et la Fabrique est obligée de puiser dans ses réserves financières pour le combler. Bientôt, elle ne pourra plus tenir le phare…
«On a épongé des déficits de 31 000$ en 2005, 18 000$ en 2006 et 13 000$ en 2007. On prévoit cumuler un déficit de 15 000$ cette année. Nos placements, qui étaient de 200 000$ dans les années 90, ont fondu à 90 000$. Si on ne règle pas le problème, l’église pourrait fermer d’ici 2010 ou 2012», prévient Guy Héroux, président du conseil de la Fabrique.
La baisse de fréquentation de l’église et des revenus provenant des quêtes et des dîmes, combinée à la détérioration du bâtiment et à la hausse exorbitante des coûts de chauffage, sont au cœur du problème. Il faut également souligner que la fournaise est dans un état lamentable, ayant perdu entre 40% et 50% de son efficacité. La remplacer nécessiterait un investissement se situant entre 40 000$ et 60 000$.
«Les dépenses en chauffage atteignent les 24 000$ par année. En gros, les quêtes nous rapportent 14 000$ par année et la dîme, 10 000$. Nous devons également verser environ 14 000$ de salaires annuellement, parce que nous n’avons pas suffisamment de bénévoles pour veiller à l’entretien de l’église. Les chiffres parlent d’eux-mêmes», illustre de son côté le marguillier Marc Labrecque.
Les membres de la Fabrique lancent donc un cri d’alarme à la population de Sainte-Geneviève. «Elle doit être au courant de la réalité de la Fabrique et se réveiller avant qu’il ne soit trop tard. Beaucoup de gens ne fréquentent pas l’église, mais y sont attachés. S’ils tiennent à la garder, il faudra, un moment donné, qu’ils nous aident à payer.»
Ils citent en exemple la paroisse voisine, Saint-Prosper, qui compte presque deux fois moins d’habitants, mais qui arrive tout de même à financer son église. «Elle a trouvé des moyens de mobiliser son monde. Il faudra qu’on fasse de même si l’on veut sauver notre église.»
Pas de subventions à l’horizon…
La Fabrique ne pourra pas compter sur quelque subvention que ce soit, puisque l’église ne peut être classée monument à caractère historique par le ministère de la Culture ou la municipalité. L’incendie qui a ravagé la bâtisse, en 1933, a obligé la reconstruction complète de l’intérieur; cela la rend inadmissible à ce statut, puisque seuls ses quatre murs extérieurs sont d’origine (1870).
«Nous allons tout de même effectuer des démarches auprès du ministère afin de faire reclasser l’église dans l’inventaire de lieux de culte du Québec. Nous verrons ce que ça va donner.»
Par ailleurs, la Fabrique envisage de se tourner vers les nombreuses familles-souches de Sainte-Geneviève-de-Batiscan pour obtenir un coup de main. «Les ancêtres d’un bon nombre familles se sont établis à Sainte-Geneviève au début de la colonie. Aujourd’hui, plusieurs de ces familles ont leur propre association. Elles seraient peut-être ouvertes à nous fournir une contribution.»
Des activités ponctuelles figurent également dans le plan de sauvetage élaboré en début d’année par les marguilliers. Une première avait lieu en mars dernier, soit un dîner-bénéfice qui a rapporté 1700$. «Une goutte d’eau dans l’océan du déficit», estiment-ils.
Le 30 avril prochain, le conseil de la Fabrique convoquera une grande assemblée à la salle municipale de Sainte-Geneviève pour exposer la situation et prendre le pouls des citoyens sur les actions à poser pour sauver l’église. La rencontre débutera à 19h30.
«On a déjà envoyé une lettre à la population pour l’inviter à cette rencontre. Au verso de l’invitation, on a ajouté un questionnaire qui nous aidera à comprendre l’importance que revêt l’église aux yeux des citoyens. Leurs réponses alimenteront notre réflexion.»