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Le Haut-St-Maurice gravé à vie dans leur mémoire

Onze jeunes atteints du cancer en expédition à la Seigneurie du Triton

Patrick Vaillancourt par Patrick Vaillancourt
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Article mis en ligne le 10 mars 2008 à 16:55
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Le Haut-St-Maurice gravé à vie dans leur mémoire
Félix Beaudoin a adoré son expérience avec les chiens de traîneaux. (Photo collaboration spéciale)
Le Haut-St-Maurice gravé à vie dans leur mémoire
Onze jeunes atteints du cancer en expédition à la Seigneurie du Triton
Onze jeunes provenant de tous les coins du Canada et étant en rémission d'un cancer participent depuis le 29 février dernier à une expédition de huit jours dans la majestueuse forêt du territoire du Triton dans le Haut-St-Maurice. Les jeunes découvrent les chiens de traîneaux et la raquette, afin de retrouver leur estime de soi et leur fierté.
Depuis maintenant 10 ans, la Fondation Sur la pointe des pieds organise une expédition annuelle. «Divers organismes s’occupent des très jeunes cancéreux, mais pour les adolescents, il n’y avait rien, a expliqué la directrice générale de la Fondation Sur la pointe des pieds, Annick Dufresne, qui a cofondé l’organisme. L’adolescence est souvent une période difficile durant laquelle on se cherche. Quand on ajoute un diagnostic de cancer, une maladie qui isole et modifie l’aspect physique, les ravages au plan de l’estime de soi sont énormes.»

En organisant ce type d’expédition, l’organisme a trouvé une façon d’aider ces jeunes à se dépasser et à retrouver leur confiance malgré l’épreuve qu’ils vivent.

Cette année, les jeunes ont dormi dans un chalet, sous une tente arctique et même dans des quinzees (huttes de neige) qu’ils ont construits eux-mêmes. Pendant trois jours, ils se sont déplacés en traîneau à chiens et ont eu la responsabilité de prendre soin des animaux, tels de vrais muschers (conducteurs de traîneaux). Chaque soir, après avoir parcouru environ 40 kilomètres, ils vivaient ensemble la vie de camp en expédition.

«C'est vraiment le fun, affirme Corinne Crête, 15 ans de Québec. Ça va d'une surprise à une autre. Les chiens de traineaux sont beaux à voir travailler. Même que lors d'une soirée, le ciel était complètement dégagé et on voyait toutes les étoiles. C'était tellement beau. Nous avons aussi fait un tour d'hélicoptère et la vue était à couper le souffle. Il n'ay a pas eu de coupe d'arbres dans le secteur du Triton.»

Corinne est en rémission d'un cancer des ganglions, communément appelé le cancer de Hodgkin, le même qui avait terrassé le joueur de hockey Mario Lemieux. «Je ne regrette pas mon choix d'avoir fait parti de l'expédition, poursuit l'adolescente de 15 ans. Avant de partir, ça ne me tentait plus vraiment parce que je savais que ça allait être dur. Je trouvais ça gros huit jours en expédition. Mais c'est le but ici, d'être boosté. J'ai passé au travers de la maladie, mais il existe toujours une crainte qu'elle revienne.»

Félix Beaudoin, 16 ans, de St-Constant, adore l'expérience qu'il vit. «C'est vraiment malade! Tout le monde est gentil. Nous avons fait trois jours en traîneaux à chien, et en plus, nous avons eu une nuit étoilée exceptionnelle. Il n'y a pas de mot pour décrire le ciel que nous avons vu. Pour ma part, j'ai eu un cancer des testicules et je suis en rémission depuis le 21 mars 2007. Je savais que l'expédition allait être physique, mais pas autant que ça. On se lève à 7 h 30 et on n'arrête plus jusqu'à 21 h. C'est beaucoup plus difficile pour nous de faire de tels efforts parce que la chimio, ça détruit. Ce qui est surprenant, c'est de voir comment le groupe s'est rapproché rapidement, malgré la barrière des langues. Il y a une force spéciale dans le groupe puisque nous avons tous vécu la même épreuve.»

Supervisées par des experts du milieu médical et du plein air, ces expéditions offrent aux jeunes l’occasion de quitter le milieu hospitalier et d’échanger enfin avec d’autres malades qui traverse la même épreuve.

«Nous atteignons nos objectifs, précise Héléna Lompré, directrice des opérations de la Fondation Sur la pointe des pieds. La semaine a débuté tranquillement, afin que les participants puissent connaître les chiens. C'est vraiment le dépassement d'eux-mêmes qui ressort de l'expédition. Les jeunes sont fatigués à la fin d'une journée, et c'est quand nous leur disons qu'il faut maintenant chercher des branches de sapins pour se construire un lit, c'est comme trop. Mais une fois que la besogne est accomplie, un grand sentiment de fierté ressort. C'est vraiment l'expérience d'une vie pour eux. Ces jeunes détiennent une maturité incroyable avec les épreuves qu'ils ont dû traverser.»

Les jeunes proviennent de différents centres oncologiques du Canada, dont le

CHU Sainte-Justine, l’Hôpital de Montréal pour enfants, le Pavillon CHUL du CHUQ, le Centre universitaire de santé de l’Estrie (Québec), le IWK Health Center (Maritimes), le CHEO (Ontario), la Calgary HealthRegion (Alberta) et le BC Children’s Hospital (Colombie-Britannique).

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