Les professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont reçu l’appui de leurs collègues des autres Université du Québec de Montréal, Chicoutimi et Rimouski mercredi.
Photo, L’Hebdo Journal
Grève des professeurs: un dossier qui piétine
Beaucoup de discussions entre les parties sur la place publique
Rien ne semble avancer dans les négociations entre le syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et l’employeur. Une chose est sûre, il y a échanges d’informations sur la place publique.
À peine une heure avant que ne débute une manifestation des enseignants, à laquelle participaient des représentants syndicaux des Universités du Québec de Montréal, Rimouski et Chicoutimi mercredi matin, la direction de l’UQTR faisait parvenir une missive aux médias au sujet de l’attitude du syndicat.
Signée par le vice-recteur François Héroux, cette lettre exprime essentiellement ceci: «(…) ce qui paraît être une initiative susceptible de rapprocher les parties aboutit dans une opération qui creuse l'écart. À cet effet, il faut savoir que les prétentions du Syndicat concernant la reconnaissance d'une masse financière dédiée à leur convention subissent une inflation. Des 26 M $ déjà identifiés selon leurs calculs des nouveaux revenus de l'Université, on passe à plus de 27,2 M $, une fois les demandes dûment évaluées. (…) Enfin, faut-il interpréter ce pas en arrière du Syndicat comme une intention déclarée de ne rien négocier? Du moins, rien qui pourrait laisser entendre qu'un rapprochement est possible.»
Or, le syndicat affirme avoir obtenu cette missive au cours de la journée de mardi. Rappelons que récemment, le syndicat avait fait parvenir une correspondance dans le même sens au recteur Ghislain Bourque, une correspondance qui s’est retrouvée entre les mains des journalistes le lendemain.
On s’y attendait, le syndicat des professeurs rejette les prétentions de l’université. «Ce n’est pas le cas. Les négociateurs patronaux n’ont rien déposé. Pourquoi dire qu’on ne veut pas négocier quand rien n’est déposé?», lance le président Michel Volle.
Des appuis
L’enjeu de la négociation à Trois-Rivières semble être devenu celui des autres syndicats d’enseignants des constituantes des UQ. Partout ont réclame la parité salariale avec les professeurs des grandes universités et l'ajout d’effectifs, D’ici l’an prochain, des négociations vont être menées à peu près partout.
C’est pourquoi les représentants des syndicats de Montréal, Chicoutimi et Rimouski sont fort attentifs à ce qui se passent ici. «Nous saluons le courage de nos collègues de Trois-Rivières. Nous sommes en négociations mais au-delà des négociations, c’est le combat pour la survie des universités publiques et pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et des études», affirme la présidente du syndicat des professeurs de l’UQAM, Michelle Nevers.
Les étudiants
Il y a enfin l’Association générale des étudiants de l’UQTR qui continue à surveiller le déroulement des négociations. Rappelons qu’elle a émis un ultimatum sommant les parties d’en arriver à une entente avant le 18 mars. Des moyens d’action sont envisagés.
Des examens de mi-session ont été reportés et la somme de travail s’annonce importante pour rattraper le temps perdu lors des journées de grève, la sixième s’étant justement tenue mercredi.
La conciliatrice nommée par le ministère de Travail n’avait pas encore réussi, au moment d’écrire ces lignes, à rapprocher les parties. Elle doit en principe les re-convoquer incessamment.
Photo, L’Hebdo Journal