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L’entrepreneuriat… un antidote à la pauvreté de la Mauricie

Article mis en ligne le 21 janvier 2008 à 16:42
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L’entrepreneuriat… un antidote à la pauvreté de la Mauricie
- OPINION DU LECTEUR - Cette expression revient à Paul-Arthur Fortin que plusieurs considèrent comme le père de l’entrepreneuriat au Québec.
La Mauricie vit des heures difficiles avec la fermeture de la Belgo et avec la menace qui plane sur la fermeture possible de l’usine Laurentide et de l’usine Alcan. À elles trois, ces entreprises sont génératrices de quelques 1500 emplois et d’une masse salariale annuelle de plus de 100 millions de dollars.

Les impacts économiques sont énormes, dangereusement déstabilisants pour des milliers de familles mais aussi pour un nombre impressionnant d’industries et de commerce qui s’activent en périphérie. Devant de telles perspectives, cela amènera-t-il nos jeunes et nos familles à considérer que l’avenir est meilleur ailleurs, à Drummondville, à Montréal, à Laval ou dans la région de la Capitale Nationale?

On a vu récemment ce que la force de la mobilisation pouvait donner. Avec la candidature de Shawinigan aux Jeux du Québec 2010, mobilisation qui a vu tous les acteurs s’unir pour déposer une candidature de haute qualité ainsi qu’une promesse de bénévolat et de financement qui ont fait l’éloge de notre capacité de solidarité. Cette énergie peut-elle faire la différence dans la tourmente qui nous frappe?

La région possède tous les atouts pour faire face aux défis existentiels qui se dressent devant elle. Après plus de cent ans dans des activités industrielles qui ont fait de nous de bons travailleurs, de père en fils, dans le domaine du bois et de l’aluminium mais aussi dans d’autres secteurs qui sont partis ailleurs, nous pouvons, avec la mobilisation, réagir et porter ensemble, non sans effort, le flambeau qui nous permettra de convaincre la direction étrangère d’Alcan de demeurer chez nous. Il faut faire plus que les 16 000 signataires de la pétition adressée au géant de l’aluminium ou les quelques 500 manifestants réunis pour appuyer les travailleurs déterminés à se faire entendre. Il nous fait démontrer le même niveau de cohésion que pour notre candidature aux Jeux afin de revendiquer mais aussi de nous concerter pour la recherche de solutions nouvelles.
Quelques solutions
Les qualités entrepreneuriales que sont la créativité, la solidarité, la prise de risque, l’autonomie et la responsabilité, la confiance en soi et le leadership doivent inspirer nos élus afin qu’un sommet économique jalonne notre futur.
On doit revendiquer haut et fort un bloc patrimonial d’énergie afin de les réserver à des entreprises désireuses de venir créer des emplois chez nous. Les barrages doivent servir de levier aux régions qui les ont permis!

Il nous faut aussi appuyer nos travailleurs de la Belgo, de l’usine Laurentide et de l’Alcan dans leurs démarches et les assurer de notre soutien. On sentira bien vite l’insécurité et la détresse, ce qui aura un impact sur leurs familles et les enfants dans nos écoles.

Que dire de l’école ? Dès la maternelle, on doit s’intéresser au développement de la culture entrepreneuriale afin que nos jeunes soient mis en action dans des projets mobilisateurs en français, mathématique, science, histoire, arts et sport leur permettant de développer leur propre potentiel entrepreneurial et d’explorer, à travers leurs projets, les perspectives d’avenir dans tous les domaines. Il faut qu’à l’école primaire et secondaire, à la formation professionnelle et technique et à l’éducation des adultes, au collégial et à l’université on développe des stratégies qui permettent aux jeunes d’explorer leurs multiples possibilités, de s’initier aux stratégies de projet et de coopération et d’étudier les rôles sociaux, les métiers, les professions et les diverses réalités du monde du travail. C’est dans des stratégies essentiellement innovantes qui donnent le goût d’entreprendre que l’école pourra faire sa part et préparer nos adultes de demain à poursuivre l’action de leurs parents. Ce devrait être le projet éducatif de tout établissement soucieux de faire sa part dans le développement de sa communauté.

Notre région est belle mais elle se meurt d’attendre sans passer à l’action pour de bon. Parmi les dix-sept régions administratives du Québec, elle se classe parmi les cinq régions où les enseignants parlent le moins d’entrepreneuriat (Global Entrepreneurship Monitor 2004). La Mauricie est devancée par les Laurentides, Montréal, l’Estrie, Québec, Lanaudière, le Centre-du-Québec et Laval, bonne première parmi toutes, pour le taux de création d’entreprises, jeunes et adultes, en 2004 (GEM 2004).

On n’est jamais vraiment sortis des mauvaises nouvelles des années 60 et 70 et cette première fermeture nous fait craindre le pire. On est à nouveau dérangés dans notre mentalité de travailleurs des grandes industries parties faire fortune ailleurs, là où les salaires sont moindres et où les ressources premières sont nombreuses ou importables.

Tout ce qui bouge doit maintenant converger vers le développement de la culture entrepreneuriale mauricienne. Nos élus, nos entrepreneurs, nos organismes communautaires, nos établissements scolaires et nos organismes socio-économiques gouvernementaux ou non doivent mettre en place les conditions d’une mobilisation sans précédent qui permettra à notre région de sortir de la trop grande dépendance face à la grande industrie afin de développer de nouveaux secteurs d’activités économiques qui sauront démontrer notre esprit entrepreneurial, notre pouvoir d’innovation et notre détermination à vivre en région. Nous pourrons alors véritablement parler de l’entrepreneuriat comme d’un antidote à la pauvreté.

- Denis Morin

Shawinigan

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