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Les brasseurs se font brasser

La hausse du prix du houblon affecte les micro-brasseries

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 27 novembre 2007 à 9:21
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Les brasseurs se font brasser
Isaac Tremblay et André Trudel exhibant leur précieux houblon, une matière verte vendue à prix d'or. Photo L'Hebdo / Bernard Lepage
Les brasseurs se font brasser
La hausse du prix du houblon affecte les micro-brasseries
Que les amateurs se le tiennent pour dit: le prix de la bière augmentera au cours des prochaines semaines.
La pénurie mondiale de houblon n'est pas une ruse des producteurs pour faire grimper les prix mais bel et bien les conséquences d'une récolte catastrophique en 2006. «Toutes les micro-brasseries se croisent les doigts d'ici janvier prochain car c'est à ce moment qu'on saura si la production de 2007 répond à la demande», explique Isaac Tremblay, de la Brasserie artisanale du Trou du Diable à Shawinigan.

Actuellement, la totalité de la production de 2006 est écoulée, de même que les réserves accumulées en 2005 et 2006. C'est bien entendu les micro-brasseries qui en pâtissent les premières car les gros brasseurs comme Molson et Labatt, au Québec, ont des contrats d'approvisionnement qui leur permettent de se servir en premier.

De 25$ le kilogramme, le prix du houblon a presque quintuplé depuis quelques semaines et ce n'est pas fini. «C'est sûr que le prix de la bière va augmenter de 10 à 15%, spécifie André Trudel, maître brasseur au Trou du Diable. Même la bière traditionnelle va y passer!»

La micro-brasserie avait projeté en acheté 500 kg en 2008 pour répondre à ses besoins d'expansion parce que les affaires vont bien sur la rue Willow. «On garde le cap même si on est dans l'incertitude présentement», rapporte Isaac Tremblay. Actuellement, leur inventaire en houblon leur permettra de tenir le coup jusqu'en février.

Advenant le cas où la production de 2007 ne soit pas à la hauteur des attentes, il n'est pas impossible qu'on arrive à une rupture des stocks dès le printemps 2008. Auquel cas, les brasseurs devraient se tourner des produits de substitution. «Il y a des bières sans houblon comme la gruit qui sont disparues mais qui pourraient revenir», mentionne André Trudel.

Fait à mentionner, la pénurie de houblon n'est pas sans rapport avec l'augmentation vertigineuse de la culture du maïs partout dans le monde. Comme le maïs entre dans la composition de l'essence à l'éthanol, les gouvernements subventionnent beaucoup cette culture. Les agriculteurs sont séduits par ces conditions et abandonnent des cultures plus capricieuses comme celle du houblon, un plant qui peut mettre quatre ans avant d'arriver à maturité.

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