Croquer dans une grammaire comme dans un fruit, c'est ce que propose Christiane Asselin avec son nouvel ouvrage «Les fameuses recettes de grammaire».Photo L’Hebdo Journal
Une grammaire? C’est délicieux!
Qui a dit que la grammaire c’était compliqué et ennuyeux? Certainement pas Christiane Asselin, auteure d’une nouvelle grammaire à se mettre sous la dent comme un bon pain d’épices qui croque. Qu’on se le dise: la grammaire, c’est délicieux!
«Ça fait plus de vingt ans que j’enseigne à l’éducation aux adultes et je me suis mise à enseigner la grammaire à mes jeunes parce qu’ils voient ça tellement compliqué et que moi je sais que c’est tellement simple! On leur a fait peur avec ça «la difficulté de la langue française», c’est incroyable», s’emporte en souriant Christiane Asselin. Enseignante dévouée, elle s’est donc mise à l’élaboration d’une grammaire toute spéciale, présentée depuis quatre ans à ses élèves comme un «spécial du jour»: lundi liquidation des homophones, mardi on coupe les prix sur le participe passé… C’était il y a quatre ans.
«Et puis, avec tout ce qu’on entend dans les médias comme histoires d’horreur sur l’enseignement de la langue, mon bon ami Francis Pelletier des Pelleteurs de Nuages a trouvé que le monde avait bien besoin d’une belle grammaire, simple et imagée», se souvient Mme Asselin. Au début de l’été 2007, le travail magique commence donc pour transformer en princesse le vilain cahier pédagogique, «blanc et laid», de l’enseignante du Centre-du-Québec.
«Et puis Francis a trouvé le titre «Les fameuses recettes de grammaire». Alors, on s’est lancé dans l’idée culinaire et j’ai transformé mes sections pour qu’elles s’adaptent aux thèmes», raconte Christiane Asselin. Son ouvrage comporte donc des sections «Ingrédients» expliquant de façon simple et courte un sujet donné, puis des exercices baptisés «La main à la pâte», et des «Ré-création» pour donner libre cours à l'imagination des jeunes. Le tout entrelardé de multiples «Trucs du chef» aussi amusants qu’utiles.
Point d’orgue à l’ouvrage coloré et franchement plus amusant que le très académique Bescherelle, un texte d’auteur québécois lance chacune des sections. Mes Aïeux, Fred Pellerin, Richard Desjardins, Daniel Bélanger ont ainsi accepté de prêtre gracieusement une part de leur œuvre. Louis Caron et Gilles Tibo ont même écrit un texte original, spécialement pour l’occasion.
Cette grammaire bâtie comme un livre de recettes est officiellement lancée cette semaine. Mais déjà, son originalité l’a fait remarquer. Même le réputé linguiste de Radio-Canada, Guy Bertrand, s’y est intéressé. «Il a dit à ma maison d’édition que c’était un petit bijou», relate Mme Asselin, rougissant de rapporter le compliment. Un compliment qui pourrait bien trouver écho un peu partout au pays puisque Les Pelleteurs de Nuages visent rien de moins que la distribution de cette grammaire à l’échelle canadienne. Toutes les communautés francophones du pays risquent donc de trouver autant de saveur et de plaisir à la bonne soupe aux pronoms que Christine Asselin en trouve elle-même. «Tant mieux. Parce que quand je vois que des universitaires font 107 fautes dans un texte de 10 pages alors qu’ils sont au doctorat, je me dis que la plupart des jeunes n’ont pas plus de capacités en langues que mes décrocheurs. Ils ont juste eu plus de chance», soupire l’auteure.