Michel Falardeau, directeur régional des services judiciaires, Jean Fournier, bâtonnier de la Mauricie, Robert Pidgeon, juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, Michel Doyon, bâtonnier du Québec et Michel Richard, juge responsable à la Cour supérieure du district de Trois-Rivières, se sont rencontré vendredi pour débattre sur l’accessibilité de la population à la justice.
La justice, l’enfant pauvre du système québécois
À l’occasion de la cérémonie annuelle de la rentrée des tribunaux, le Barreau de la Mauricie a accueilli le juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, Robert Pidgeon, afin de débattre sur l’accessibilité de la population à la justice.
Alors que le système judiciaire québécois se dirige, selon le juge Pidgeon, tout droit vers un mur de béton, de hauts intervenants en matière de justice se rassemblent à Trois-Rivières afin de trouver des pistes de solutions envisageables. Constatant la diminution constante de la pile de dossiers soumis à la Cour supérieure du district de Trois-Rivières ainsi qu’au Palais de justice, le juge Robert Pidgeon, le juge responsable à la Cour supérieure du district de Trois-Rivières, Michel Richard et le bâtonnier du Québec, Michel Doyon, se posent de sérieuses questions. «Les instances judiciaires existent avant tout pour servir le citoyen. Et de moins en moins de gens utilisent ce service, parce qu’il y a un manque d’information auprès de la population, qui ne connaît pas vraiment les procédures à suivre et en quoi la justice peut les aider.» Mais là n’est pas le seul problème du système judiciaire québécois. Alors que la classe moyenne en constitue le principal pilier en finançant ses activités par le biais de ses impôts, celle-ci y est complètement exclue. «Le salaire moyen d’une famille au Québec est d’environ 64 000$. Après avoir payé le loyer, les dépenses en alimentation, vêtements, frais scolaires et impôts, le citoyen moyen n’a plus un sou pour les placements et encore moins pour se payer un avocat, dont les honoraires tournent autour de 75 $ de l’heure.», affirme le bâtonnier Doyon.
Selon le juge Pidgeon, la solution réside surtout au niveau des instances gouvernementales. «La justice représente environ 1 % des dépenses du gouvernement, ce qui est nettement insuffisant pour aider la classe moyenne.»
Ainsi, des changements sont nécessaires dans le système de justice québécois. D’ailleurs, un comité, qui inclut les juges Pidgeon et Richard ainsi que le bâtonnier du Québec travaille à trouver les meilleures solutions et à rendre le système judiciaire plus accessible à la population.