Photo, Archives, L'Hebdo Journal
Trois-Rivières tourne une page de son histoire
L’ancien maire Gilles Beaudoin décède à l’âge de 87 ans
Vingt ans de l’histoire politique municipale à Trois-Rivières ont été tournées. L’ex-maire Gilles Beaudoin s’est éteint au petit matin mercredi. Il était âgé de 87 ans.
Gilles Beaudoin aura été maire de l’ancienne ville de Trois-Rivières durant 20 ans, de 1970 à 1990. Il s’agit du plus long règne pour un maire à Trois-Rivières. Il aura marqué à sa façon la politique municipale à une époque où s’entremêlaient les grands projets et les fermetures d’usine.
L’ex-animateur de radio, François Roy, a été embauché par Gilles Beaudoin alors que l’Hôtel de Ville se cherchait un porte-parole. Il est devenu agent d’information puis directeur des communications. Il se souvient très bien de ce fameux discours prononcé par M. Beaudoin en 1986, à la Chambre de commerce de Trois-Rivières. « Il avait dit qu’en 2000 Trois-Rivières compterait 125,000 habitants et des parcs industriels florissants ». Le discours avait, à l’époque, soulevé un tollé chez les maires voisins. « Le rêve de M. Beaudoin s’est réalisé en 2002, avec un délai de seulement deux ans », souligne François Roy.
Le maire de Bécancour, Maurice Richard, a également collaboré dans plusieurs dossiers avec Gilles Beaudoin. « M. Beaudoin était issu d’une famille de commerçants. C’était un homme d’affaires planificateur. Il était tenace et croyait à ses idées et ce, même s’il donnait l’allure d’un homme timide. Il a beaucoup fait pour sa ville. Le citoyen était au cœur de ses préoccupations comme un bon homme d’affaires se soucie du bonheur de sa clientèle. »
Celui qui lui a succédé à la mairie en novembre 90, Guy LeBlanc, rappelle que plusieurs projets ont vu le jour et ont été réalisés sous Gilles Beaudoin. « Les Jeux du Québec en 1975, les Fêtes du 350ème en 1984, le parc portuaire, le programme de réfection des façades des commerces au centre-ville, la réfection des artères au centre-ville, le garage municipal sur la rue Louis-Allyson, la gare intermodale, le centre des congrès, l’Hôtel Delta et la piste cyclable, tout ça c’est signé Gilles Beaudoin. »
Plusieurs se souviendront également que c’est sous l’administration Beaudoin qu’a été construite l’autoroute 755, devenue l’autoroute de Francheville puis la 40, traverse la ville. Craignant de voir le centre-ville se détériorer davantage au profit du secteur Nord de la ville, le conseil municipal avait mené des pressions pour que l’autoroute passe au cœur de la municipalité.
Enfin, le maire Yves Lévesque garde un excellent souvenir de l’homme, n’ayant pratiquement pas côtoyé M. Beaudoin comme politicien. « Quand je suis devenu maire de la future grande ville, je voulais que Gilles Beaudoin revienne à l’Hôtel de Ville. Il n’y avait pas remis les pieds depuis son départ. Nous avons eu l’occasion de l’accueillir en 2004 alors que nous avons procédé au lancement des travaux d’agrandissement du garage municipal. Il est venu se rasseoir à son ancien bureau et je crois que ça lui a fait plaisir. Grâce à lui nous avons des structures qui sont encore là aujourd’hui et c’est tant mieux.
La Ville se souvient
Les quatre drapeaux de la Place de l’hôtel de ville seront en berne, pour souligner le décès de l’ex-maire Gilles Beaudoin, qui a siégé à cet endroit pendant vingt ans.
Le corps du défunt sera exposé au Centre funéraire Rousseau du 445 de la rue des Volontaires, le vendredi 24 août, de 14 à 17 heures et de 19 à 22 heures. Les funérailles auront lieu dans son église paroissiale de Saint-Pie-X, le samedi 25 août, à 11 heures. Par la suite, les proches du défunt seront reçus au foyer Gilles-Beaudoin de la salle J.-Antonio-Thompson. Il s’agit là d’une demande de la famille, que le maire Yves Lévesque a accepté. Le maire Beaudoin avait inauguré ce «foyer» en septembre 1987 et l’endroit porte son nom depuis décembre 2001.
M. Beaudoin laisse derrière lui son épouse Dolorès, avec qui il a eu cinq enfants.