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Santé: Yves Bolduc succède au ministre démissionnaire Philippe Couillard

Presse Canadienne Article mis en ligne le 25 juin 2008 à 0:00
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Santé: Yves Bolduc succède au ministre démissionnaire Philippe Couillard
Regis Labeaume, à gauche, Jean Charest est Philippe Couillard mardi à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Francis Vachon
QUEBEC - Le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, entre en fonction en annonçant son intention de réduire les délais d'attente, notamment dans les urgences.
Quelques heures après la confirmation du retrait de la vie politique du ministre démissionnaire Philippe Couillard, mercredi, le réputé médecin d'Alma a été, sans surprise, assermenté dans ses nouvelles fonctions.
M. Bolduc, flanqué du premier ministre Jean Charest pour sa première rencontre avec la presse parlementaire, a aussi annoncé qu'il sera candidat à l'élection partielle qui sera déclenchée dans Jean-Talon, à Québec, en raison du départ de M. Couillard.
Après avoir affirmé qu'il agirait prioritairement pour améliorer l'accessibilité aux soins et les conditions de travail des employés du réseau, le médecin de 51 ans a refusé de détailler davantage ses objectifs.
"Mon expertise a été reconnue pour les listes d'attente et la gestion des délais, et c'est quelque chose à laquelle on va s'attaquer", s'est contenté de dire le nouveau ministre, titulaire d'une maîtrise en administration publique et dont le modèle de gestion est souvent cité en exemple.
Celui qui avait échoué dans sa tentative de se faire élire dans Lac Saint-Jean en mars 2007 a défendu sa candidature dans un comté de la région de Québec, précisant que sa conjointe est native de Cap-Rouge et qu'il a fait ses études à l'Université Laval.
Jean Charest a soutenu qu'il avait appris à le connaître lors de la récente campagne électorale, se disant convaincu qu'il s'agissait de la meilleure personne pour succéder à Philippe Couillard.
"Il a été testé par cette campagne électorale. Il a fait plusieurs débats au niveau national et il est demeuré impliqué avec nous au Parti libéral du Québec", a indiqué le premier ministre.
M. Charest a affirmé que des membres du conseil des ministres auraient pu accomplir ce travail, mais il a dit avoir choisi un candidat non élu pour maintenir l'équilibre dans son équipe.
Le premier ministre n'a donc procédé à aucun autre changement au sein de son conseil des ministres, préférant garder pour lui la responsabilité de la Capitale nationale, en raison, a-t-il dit, de l'importance des actuelles fêtes du 400e anniversaire de Québec.
Le retrait de Couillard
Plus tôt dans la journée, le ministre Couillard a confirmé qu'il quittait la vie politique après cinq années à la tête du ministère de la Santé.
Accompagné en conférence de presse du premier ministre Charest, M. Couillard a déclaré qu'il avait pris la décision de tirer sa révérence parce qu'il voulait explorer "d'autres horizons". Il a cependant refusé de lever le voile sur ses projets futurs.
"Je vais beaucoup aller à la pêche cet été", a simplement dit M. Couillard, niant du même souffle toutes les allégations d'insatisfaction professionnelle ou de mésentente avec le premier ministre.
L'ancien ministre a expliqué qu'il était venu en politique pour apporter une contribution à la vie publique, et qu'il estimait que cette contribution était chose faite.
"Si je suis venu en politique il y a bientôt six ans, c'est d'abord et avant tout pour apporter une contribution au Québec après en avoir beaucoup reçu. J'estime que cette contribution est faite", a souligné M. Couillard, qui a exercé le plus long mandat de l'histoire du Québec au ministère de la Santé.
Tout en affirmant que des progrès "indéniables" ont été faits en santé dans les dernières années, il a reconnu que beaucoup restait à faire.
"J'espère avoir fait en sorte que la personne qui me succèdera réussira mieux que moi. C'est ainsi que notre société progresse", a mentionné le député démissionnaire de Jean-Talon.
Pour sa part, le premier ministre Charest s'est dit "attristé" par le départ de son ministre, l'une des personnalités les plus populaires de son conseil des ministres.
"A notre arrivée en 2003, le système de santé traversait une des pires crises de son histoire. Philippe Couillard a permis de mettre le réseau sur la voie du rétablissement", a-t-il argué.
M. Couillard, qui aura 51 ans cette semaine, a été élu une première fois en avril 2003 à titre de député de Mont-Royal, puis s'est fait réélire en 2007 dans le comté de Jean-Talon, dans la région de Québec.
Il était d'ailleurs le ministre responsable de la Capitale nationale.
Un coup dur pour le PLQ
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a qualifié le départ de M. Couillard de "coup dur" pour le gouvernement Charest.
Selon M. Dumont, dans un gouvernement "qui ne fait rien" et "qui ne veut rien déranger", un individu voulant du changement comme M. Couillard allait inévitablement manquer de défis.
"Quelques publicitaires ont bâti une stratégie pour Jean Charest qui est la stratégie de ne rien faire, ne rien déranger, ne rien bouger. Pour quelqu'un qui a un sentiment d'urgence, qui voudrait faire des choses, il n'y avait certainement plus de défis, plus d'intérêt", a dit le chef de l'ADQ lors d'un point de presse à Montréal.
Appelé à commenter la nomination du nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, M. Dumont a affirmé qu'il ferait face à des "test" dans un très court délai.
Le porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Bernard Drainville, estime lui aussi que le nouveau ministre aura un lourd défi à relever.
"Il veut s'inscrire dans la continuité de ce qu'a fait le docteur Couillard. Je veux bien qu'il s'inscrive dans la continuité, et on lui souhaite bonne chance, parce que le travail est colossal et les attentes sont très, très grandes", a dit le député péquiste.
Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a pour sa part affirmé qu'il donne une note de cinq sur 10 à M. Couillard pour son travail comme ministre de la Santé et des Services sociaux.
Selon M. Khadir, M. Couillard a contribué à l'amélioration de certains aspects du système de santé, mais il lui reproche de ne pas avoir agi pour freiner l'entrée du secteur privé.
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