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Les travailleurs verront leur diplôme reconnu à travers le pays

Presse Canadienne Article mis en ligne le 17 juillet 2008 à 0:00
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QUEBEC - A compter d'avril 2009, il sera plus facile que jamais à un travailleur de n'importe où au pays de s'installer dans la province de son choix.
Ainsi, un diplôme acquis dans une province - ou toute autre forme de qualification - devra être reconnu par toutes les autres.
Afin d'assurer une mobilité maximale de la main-d'oeuvre, c'est ce qu'ont convenu, jeudi, les premiers ministres des provinces et territoires, lors de leur première séance de travail tenue dans le cadre de la réunion annuelle du Conseil de la fédération, à Québec.
Par ailleurs, pour faciliter les échanges commerciaux entre les provinces, les premiers ministres se sont finalement entendus sur la délicate question d'un mécanisme de règlement des différends, qui était en suspens depuis de nombreuses années.
Le nouveau mécanisme encadrant l'Accord de commerce intérieur (ACI) sera exécutoire pour les parties en cause. Si l'une ou l'autre refusait de s'y conformer, elle pourrait encourir une pénalité allant jusqu'à 5 millions $.
Il s'agira d'un tribunal administratif et non d'un tribunal de nature judiciaire. Ultimement, les parties conserveront le pouvoir d'en appeler de la décision devant une autre instance, mais seulement sur des questions très pointues fondées sur une présumée erreur de droit.
L'annonce de ces ententes a été faite en conférence de presse par le premier ministre Jean Charest et le premier ministre du Manitoba, Gary Doer.
M. Charest s'est empressé de rejeter du revers de la main toutes les objections de ceux qui prétendent, dans les milieux syndicaux, qu'un nouveau mécanisme plus musclé risquerait de miner les pouvoirs du Québec.
Il n'est pas question que les gouvernements provinciaux cèdent des pouvoirs "sur les questions de tarification, de santé ou de politiques sociales", a-t-il dit, ajoutant que cela lui rappelait les arguments invoqués contre le libre-échange il y a une vingtaine d'années.
"Ca n'a rien à voir", a-t-il tranché.
Par rapport à la nouvelle politique de mobilité de la main-d'oeuvre, ceux qui craindraient, par exemple, qu'un travailleur unilingue anglophone de l'ouest puisse ainsi plus facilement intégrer le marché du travail québécois, sont aussi dans l'erreur, selon M. Charest, qui a voulu se faire rassurant.
Il a pris soin d'indiquer que l'initiative ne remettait d'aucune façon en question les lois linguistiques du Québec. "On garde les pleins pouvoirs et on n'a pas l'intention de changer nos lois non plus sur ces questions-là", a-t-il assuré.
"Il s'agit pour nous d'aplanir les difficultés pour qu'on puisse créer le marché le plus stimulant possible", a-t-il fait valoir.
"Un enseignant est un enseignant et une infirmière est une infirmière", et ce, partout au pays, a renchéri le premier ministre Doer.
Seules les questions reliées à la santé et à la sécurité pourront constituer des exceptions et continuer à freiner la mobilité d'un travailleur.
On estime qu'un métier sur quatre - particulièrement dans le secteur de la santé - comporte des contraintes limitant la latitude de ceux qui les pratiquent.
Dans le même esprit, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, les premiers ministres ont convenu d'exhorter le gouvernement fédéral à tout mettre en oeuvre pour réduire considérablement les délais d'attente pour l'obtention d'un visa canadien.
"Ca n'a aucun sens" de maintenir un système qui ne fonctionne pas et qui prive le Canada de travailleurs, a jugé M. Charest, en fin d'après-midi, au terme des travaux de la journée.
Certains étrangers peuvent attendre plusieurs années avant d'obtenir enfin le visa convoité.
Il y aurait jusqu'à 900 000 dossiers en attente d'un règlement.
Vendredi, ce seront surtout la question des changements climatiques et le dossier énergétique qui retiendront l'attention des premiers ministres.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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