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Trois dirigeants des services de sécurité de l'Afghanistan sont limogés

Presse Canadienne Article mis en ligne le 26 juin 2008 à 0:00
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Trois dirigeants des services de sécurité de l'Afghanistan sont limogés
Un véhicule détruit est considéré en dehors d'un mur temporaire à la prison de Sarposa Jeudi, Juin 26, 2008, après une agression mortelle prison il ya deux semaines. LA PRESSE CANADIENNE / Alexander Panetta
KANDAHAR, Afghanistan - Une évasion de prison dévastatrice survenue il y a deux semaines a mené au congédiement de trois hauts responsables des services de sécurité de l'Afghanistan, incluant le chef de police de la province de Kandahar.
Les trois dirigeants ont non seulement été limogés, ils font également l'objet d'enquêtes sur leur rôle possible dans l'attaque meurtrière à la prison de Sarposa.
Les congédiements et l'enquête policière ont été annoncés jeudi, le même jour où le gouvernement du Canada faisait part de son intention d'investir 4 millions $ pour aider à rénover la plus grande prison de Kandahar.
Ahmed Wali Karzaï, le chef du conseil de la province et frère du président Hamid Karzaï, a confirmé la tenue de l'enquête à La Presse Canadienne.
Contrairement à l'armée afghane, dont la compétence est de plus en plus notoire, la corruption et l'inefficacité se sont infiltrées au sein de la force policière nationale, à un point tel que les soldats de l'OTAN hésitent à révéler des informations élémentaires devant des officiers.
Il y a quelques semaines à peine, le chef de police de la province de Kandahar, Syed Aqa Saqib, avait déclaré à La Presse Canadienne que des hommes vêtus d'uniformes de son corps policier avaient enlevé des gens et commis des cambriolages à l'intérieur d'édifices et de véhicules volés.
Il avait averti que ces hommes pourraient menacer la sécurité des troupes canadiennes et étrangères. Mais il avait également soutenu que ces gestes avaient été commis par des individus portant des uniformes contrefaits à l'étranger dans certains pays non précisés.
Ahmed Wali Karzaï a fait savoir que son frère avait été informé par un groupe d'enquêteurs de retour dans la capitale après avoir effectué une mission de recherche des faits à Kandahar.
Des dirigeants des ministères de l'Intérieur et de la Justice ont mené la délégation chargée d'enquêter sur l'attaque à l'explosif et à la roquette, qui a permis à des centaines de prisonniers de s'évader.
M. Karzaï a dit ignorer si l'information recueillie avait mené aux congédiements, mais il a souligné que le piètre travail policier dans ce fiasco justifiait ces licenciements.
"Il y a eu un manque d'organisation à l'intérieur des forces de sécurité, a résumé M. Karzai. La police a mal réagi."
Des vestiges du carnage étaient encore nettement visibles sur le site de la prison jeudi. Des amoncellements de pierres, des fragments de barbelés, des véhicules de police carbonisés et tordus, des bottes et des sandales étaient répandus parmi les débris.
Environ la moitié de l'aide financière de 4 millions $ des autorités canadiennes ira dans les réparations les plus urgentes tandis que le reste sera investi dans les rénovations, la remise à neuf des installations électriques et dans des sessions d'informations relatives aux droits de la personne.
Le gouvernement du Canada a versé 17 000 $ à un entrepreneur local pour l'installation d'un mur de métal temporaire à l'extérieur de la prison. Ce mur, déjà en place, a été construit en l'espace de quatre jours durant la dernière semaine. Une structure permanente sera érigée au cours des prochains mois.
Un ingénieur militaire canadien qui supervise le projet n'a pas caché sa satisfaction devant la vitesse et l'efficacité de l'entrepreneur afghan.
"Excellent, s'est exclamé l'officier Mike Budden pendant sa tournée d'inspection de la prison. Cet homme est très compétent. Les progrès ont été rapides. Nous sommes très satisfaits."
Dans un communiqué de presse, le ministre de l'Intérieur de l'Afghanistan a annoncé que le colonel Maitullah Khan succéderait à Saqib.
"L'enquête a démontré que certains hauts dirigeants avaient été négligents, pouvait-on lire dans le communiqué. Pour cette raison, le gouvernement de l'Afghanistan a décidé de congédier le général Sayed Aqa Saqib, le chef de police de la province de Kandahar."
Le communiqué confirmait aussi les départs du chef du bureau de renseignements et du chef de police responsable des enquêtes criminelles.
Le gouvernement a aussi fait savoir que les dossiers avaient été transférés au bureau du procureur général pour fins d'enquête.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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