Le député Guy André, encadré de Mmes Nancy Lemay et Caroline Lacomblez, respectivement de la CLÉ en éducation populaire de la MRC de Maskinongé et du Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac. Photo, Jean-Paul Plante
Les compressions du gouvernement Harper font mal dans Berthier-Maskinongé
Le député Guy André, Mmes Nancy Lemay et Caroline Lacomblez les dénoncent
La CLÉ en éducation populaire de la MRC de Maskinongé et le Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac sont durement touchés par les compressions imposées par le gouvernement Harper, en octobre dernier, des compressions de deux milliards de dollars à la grandeur du Canada.
Mmes Nancy Lemay et Caroline Lacomblez, les représentantes de ces deux organismes, accompagnaient le député bloquiste de Berthier-Maskinongé à la Chambre des Communes, M. Guy André, lors d'une conférence de presse tenue lundi, 22 janvier, dans les locaux de la CLÉ, à Louiseville.
Des faits inquiétants
Les programmes sociaux ont été coupés de 5 millions $ au Québec, de mentionner M. André. En plus de toucher durement les organismes communautaires, dont ceux en alphabétisation, les coupures conservatrices feront en sorte que les programmes d'emploi d'été pour étudiants se traduiront par la création de 100 emplois cet été plutôt que les 200 de l'été dernier, dans Berthier-Maskinongé. « C'est une injustice flagrante », de dire le député.
« Comment expliquer que le gouvernement Harper sabre dans les programmes sociaux d'un montant deux milliards et que l'autre côté, il engloutit 17 milliards dans de l'équipement militaire ? », ont questionné Guy André, Nancy Lemay et Caroline Lacomblez.
« On veut amener le gouvernement Harper à reculer et à soutenir les organismes sociaux. Les coupures font mal. Les programmes de partenariat en souffriront et la promotion des organismes sera affectée », affirme Nancy Lemay qui, à la CLÉ en éducation populaire de la MRC de Maskinongé, verra son budget « coupé » de 25 000 $.
« Il faudra aller chercher du financement ailleurs car nos besoins sont criants en alphabétisation; une personne sur cinq est en sérieuses difficultés à ce niveau dans Maskinongé », mentionne Mme Lemay.
Le comté de Berthier-Maskinongé compte quatre groupes en alphabétisation et les compressions du gouvernement les touchent lourdement.
Une cinquantaine de personnes fréquentent la CLÉ en éducation populaire dans la MRC de Maskinongé, un nombre identique à celui de Pointe-du-Lac dans le programme similaire, a laissé savoir Mme Lacomblez.
Les deux dames, tout comme le député André, ont insisté sur les difficultés qu'éprouvent les personnes aux prises avec des difficultés à lire et à écrire. Tout d'abord, il y a l'estime de soi qui en prend un coup. Puis les problèmes de ne pouvoir lire les prescriptions de médicaments, ce que contiennent les aliments, les panneaux de signalisation, les journaux, etc. « Ce n'est pas le temps de couper dans ces programmes d'alphabétisation mais plutôt de les encourager davantage car il faut scolariser les gens face à la mondialisation des marchés », de mentionner le député.
À la CLÉ, un projet est mené en concertation avec la SADC et il s'adresse aux jeunes décrocheurs. Les compressions Harper pourrait faire mal à ce chapitre également.
Sur la place publique
Guy André trouve inconcevable que l'on s'attaque aux plus démunis de la société. « Il faudra utiliser des moyens de pression à court terme. Les programmes sociaux sont importants au Québec. Il devient primordial d'amener l'enjeu sur la place publique, a souligné le député.
Statistique étonnante et inquiétante pour plusieurs en ce qui concerne la MRC de Maskinongé: 42 % de la population ont une scolarité inférieure à un secondaire 2.
En Mauricie, une personne sur cinq éprouve de graves difficultés en lecture et en écriture. Le Centre d'éducation populaire basé à Pointe-du-Lac vient en aide à environ 600 personnes par année. Sur 150 personnes qui fréquentent les ateliers sur une base régulière, 50 sont inscrites aux ateliers d'alphabétisation, soit une personne sur trois.
Bref, autant le député André que Mmes Lemay et Lacomblez sont d'avis qu'il ne faut pas sabrer dans les budgets des organismes d'alphabétisation. C'est pourquoi des moyens de pression seront exercés pour amener le gouvernement Harper à faire marche arrière et à accorder les budgets nécessaires à venir en aide aux gens les plus démunis de la société, les analphabètes, selon le trio André-Lemay-Lacomblez.