Dr Renald Dutil, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec croit qu’on ne doit pas resserrer les règles pour obliger les nouveaux médecins à demeurer plus longtemps en Mauricie. Photo Le Courrier Sud
Encore 10 à 15 ans de pénurie en Mauricie
Le président de la Fédération rencontre les omnipraticiens de la région
Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a rencontré les membres de la Mauricie mercredi soir afin de faire le point sur la situation de la médecine familiale dans la région. Bien que la pénurie de médecin soit en diminution, il semble que la région en a pour encore 10 ou 15 ans à vivre avec un manque de médecins.
Partout au Québec, les médecins omnipraticiens doivent maintenir les services dans un contexte de pénurie d’effectifs. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) estime à 800 le nombre de médecins qu’il faudrait dans la province pour répondre à la demande de la population. La Mauricie est l’une des régions les plus touchées par la pénurie d’effectifs. On évalue à plus d’une centaine le nombre de médecins omnipraticiens nécessaires pour combler les besoins actuels. «Avec les effectifs médicaux en place, nous arrivons à peine à fournir 50% de la demande de service en suivi de clientèle en cabinet privé. Tous ceux et celles qui n’ont pas de médecins de famille sont contraints de consulter dans les salles d’urgence et dans quelques cliniques qui acceptent encore de voir des patients sans rendez-vous. De plus, nous sommes conscients que le maintien à domicile et les services de gériatrie en soins de longue durée bénéficieraient largement d’un fort recrutement de nouveaux médecins dans notre région», affirme le Dr Pierre Martin, président de l’Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie.
Si l’Association de la Mauricie déplore le fait que plusieurs médecins recrutés en région la quittent après seulement un an de pratique, du côté de la FMOQ on craint que resserrement des règles ne cause un exode des médecins vers les États-Unis ou le reste du Canada.
«On a encore pour 10 à 15 ans de pénurie en Mauricie. On a fait de grosses erreurs dans le passé en réduisant le nombre d’admission dans les facultés», explique le Dr Renald Dutil, président de la FMOQ. Selon lui, même si on a réussi à stopper la détérioration de la situation cela prendra encore quelques années pour obtenir un renfort significatif puisqu’il faut aussi combler l’attrition.
«Nous espérons que l’implantation d’un campus de la faculté de médecine de l’Université de Montréal et la mise sur pied d’une unité de médecine familiale du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières pourront nous aider à recruter de nouveaux médecins, mais nous croyons que nous resterons vulnérables encore pendant plusieurs années avant de pouvoir rattraper ce qui nous apparaît être un taux minimal d’effectif médical soit 90% des effectifs médicaux nécessaires conformément au plan d’effectifs médicaux régional. En ce sens, nous appuyons les demandes du Département régional de médecine générale qui suggère de restreindre encore plus l’installation des nouveaux médecins tant et aussi longtemps que chaque région du Québec n’aura pas atteint un taux minimal de 90% des effectifs médicaux qui leur sont nécessaires», ajoute le Dr Pierre Martin.