André «Pépé» Périard en était à sa troisième participation. Une telle activité permet aux photographes d’échanger quelques trucs. Photo L’Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
Des assignations faites d’inspiration et de transpiration
Des photographes ont trouvé les assignations difficiles à Zoom sur Saint-Élie!
Les 30 photographes de presse réunis pour l’événement «Zoom sur... Saint-Élie» ont eu tous les éléments de leur côté: une température splendide, des citoyens coopératifs, des coloris d’automne magnifiques avec en prime une brume matinale que le soleil s’escrimait à percer de ses rayons. Sont-ils heureux des résultats?
Le thème commun «Les traces du merveilleux» était à cent lieues de leur pain quotidien qui consiste essentiellement à illustrer des nouvelles. Les précédentes éditions étaient faites d’assignations du type aller rencontrer telle personne à telle heure à tel endroit.
«Nous étions laissés à nous-mêmes», explique la pigiste montréalaise Martine Saint-Pierre. «Il nous a fallu travailler plus fort, mais nous étions plus libres en même temps.»
Il n’y a plus de coiffeur à Saint-Élie. Tzara Maude, qui fait ses premiers pas en photo, a eu la bonne idée de jouer sur les analogies. «J’ai cherché des personnes avec des coupes de cheveux anciennes ou un peu folles. Et j’ai étendu le concept aux tailles d’arbustes!»
Entre 15h et 17h samedi, les héritiers de Nicéphore Niepce naviguaient anxieusement dans le flot de leurs images sur leurs ordinateurs portatifs. Cordés sur une longue table au centre communautaire, ils devaient tirer 12 images à travers 200, 300, 500 clichés entassés sur leurs cartes-mémoire au cours de la journée.
Fierté oblige, plusieurs tentent de cacher leurs images lorsque quelqu’un s’approche. Satisfait? «Oui... j’ai quelque chose qui devrait être pas pire», finit par formuler André «Pépé» Périard. «Je n’ai as l’habitude de travailler avec l’imaginaire et le merveilleux. Ça demande plus de travail. Mais c’est une très belle activité. Il y a une camaraderie entre photographes.»
Même Bernard Brault de La Presse, considéré comme l’un des meilleurs de la profession au Québec a eu quelques appréhensions. «Le thème était un peu “en l’air�, mais ça s’est replacé dès les premières images. Mon assignation tournait autour du chemin de croix. Ce n’était pas la plus difficile.»
En dépit de tout cela, les pros de la lentille ont su croquer des images à couper le souffle dont le public a pu se régaler lors de l’exposition de dimanche et lundi.
«Que veux-tu, certains photographes ne sont jamais satisfaits de leurs images!», reconnaît Michel Tremblay, initiateur de l’événement. «Les assignations étaient à la hauteur du talent des photographes. Je pense que chacun y a trouvé son compte parce que Saint-Élie foissonne d’inspiration», ajoute le photographe.
Un livre, qui promet, sera publié suite à cette formidable fin de semaine de création à la mi-novembre avec les thèmes photographiques suggérés par le conteur Fred Pellerin.