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Récupération Mauricie menace de cesser ses opérations

160 employés seront mis à pied d'ici la mi-février

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 7 janvier 2009 à 17:32
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Récupération Mauricie menace de cesser ses opérations
160 employés seront mis à pied d'ici la mi-février
Récupération Mauricie mettra à pied au-delà de 160 employés et la clé dans la porte à la mi-février si Québec ne vient pas au secours de l'industrie de la récupération qui fonctionne à perte depuis maintenant deux mois.
C'est le cri d'alarme lancé par les présidents de Récupération Mauricie et de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM), Jean-Guy Doucet et Pierre Bouchard, au cours d'un point de presse tenu mercredi matin à Saint-Étienne-des-Grès.

Actuellement, les matières recyclées qui se vendaient entre 120$ et 140$ la tonne ne trouvent plus preneur. «Quand on trouve un acheteur à 5$ ou 10$ la tonne, on est chanceux», raconte M. Doucet.

Comme il en coûte en moyenne 100$ à Récupération Mauricie pour produire une tonne, les pertes sont considérables. C'est environ 250 000$ qui ont été ainsi engloutis depuis l'effondrement du marché mondial des matières recyclées à la mi-novembre explique Michel Camirand, directeur général de Récupération Mauricie. «Nous perdons entre 8000$ et 10 000$ par jour. Ça ne peut plus continuer ainsi. On va arriver à la fin de notre fonds de roulement au mois de février», se désole Jean-Guy Doucet. Des avis de licenciement ont donc été remis en décembre aux 70 employés de Saint-Étienne-des-Grès et aux 95 de Yamachiche, majoritairement des personnes handicapées.

En fait, Récupération Mauricie et la RGMRM demandent au gouvernement d'aider financièrement l'industrie québécoise à passer au travers de cette crise en lui accordant une subvention pour le manque à gagner. «On ne veut pas de budget permanent mais une aide de circonstance», souligne le président qui chiffre l'aide sollicitée à environ 60$ à 70$ la tonne.

L'entreposage de la matière en attendant la reprise du marché n'est pas non plus une solution viable. «Même entreposée, elle nous coûte encore 100$ la tonne à produire et il faut y ajouter les frais reliés à l'entreposage.» Et puis, l'écoulement d'énormes surplus accumulés en même temps lorsque la reprise se pointera exercera une pression à la baisse sur les prix fait valoir Jean-Guy Doucet.

Dans ce contexte, le président de Récupération Mauricie soutient que «l'incident malencontreux» du lundi dernier, au cours duquel les contenus de trois camions remplis de matières recyclables, ont été enfouis à Saint-Étienne-des-Grès, pourrait se répéter à une plus grande échelle. «Quand on aura fermé nos portes, ce ne sont pas trois camions dont il sera question mais entre 15 et 20 par jour.»

Dans toute cette histoire, MM. Doucet et Bouchard dénoncent le délai de réaction du gouvernement du Québec et l'incompréhension de la situation de la part de Recyc-Québec. Le président de Récupération Mauricie fulminait en exhibant une publicité de Recyc-Québec publiée dans les journaux en décembre et dans laquelle l'organisme invitait les Québécois à recycler plus que jamais. «Plus on récupère ces temps-ci, plus on perd de l'argent», note-t-il, ajoutant que l'heure n'est pas à augmenter la quantité de la matière recyclée comme de sauver une industrie qui vit sa pire crise depuis une vingtaine d'années.

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