TQS: Lettre de Paule Brunelle au CRTC
Suite à l'annonce de la fermeture de la salle des nouvelles de TQS-Mauricie, la députée de Trois-Rivières, Paule Brunelle écrit au CRTC aujourd'hui. Voici la lettre officielle à ce sujet.
Trois-Rivières, le jeudi 24 avril 2008
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)
Secrétaire général
info@crtc.gc.ca
Objet : Fermeture de la salle des nouvelles de TQS Mauricie
Madame, Monsieur,
La région de la Mauricie, toute entière, a été secouée hier en apprenant le contenu du plan de relance du réseau de télévision TQS par le groupe Remstar. Une entreprise peut légitimement procéder à des changements lorsqu’elle se porte acquéreur d’une autre entreprise, cependant, les règles établies ne doivent pas être bousculées, voire transgressées.
En autorisant l’achat de RadioMédia par le groupe Corus, il y a quelques années, le CRTC avait reçu l’assurance du maintien de la production d’informations locales pour la station CHLN (devenue FM106-9), même si le réseau d’informations de l’agence RadioMédia disparaissait. Depuis ce changement de propriétaire, les auditeurs peuvent bénéficier de bulletins d’informations de qualité et d’une augmentation des heures d’émissions produites à Trois-Rivières. Mais le plan proposé par Remstar signifie ni plus ni moins, que la station de télévision de Télévision Quatre Saisons (TQS) en Mauricie ne deviendra plus qu’une simple station relais de toutes les émissions produites par le réseau à compter de septembre prochain. Notre région bénéficie d’un court bulletin de nouvelles de 10 minutes, du lundi au vendredi. C’est déjà le service minimum à rendre à la population. Voilà la raison qui fait en sorte que le personnel de TQS-Mauricie et notre collectivité ont crû dans les bonnes intentions de Remstar.
En tant que députée, ma préoccupation demeurera toujours la préservation des emplois et l’importance d’un choix démocratique pour la population lequel repose sur la multiplicité des sources d’information et de divertissement. La vente du réseau TQS par le groupe COGECO à Remstar était porteuse d’espoir pour remplir ces objectifs qui me tiennent à cœur. D’ailleurs, c’est ce qu’avaient retenu les employés de TQS-Mauricie lorsqu’ils avaient été rencontrés par leurs nouveaux dirigeants dans les jours suivant l’annonce de la transaction qui doit recevoir l’aval du CRTC avant d’être complétée.
Là où le bât blesse également, c’est la ponction dans les revenus publicitaires que souhaite poursuivre TQS dans notre région sans offrir de service de nouvelles en région aux téléspectateurs. Le Service de production commerciale de TQS reçoit la même gifle au visage que le Service des nouvelles de TQS. Remstar fera-t-elle appel à des boîtes de production télévisuelles de l’extérieur de la région de la Mauricie pour desservir les clients et les téléspectateurs de la Mauricie?
Ainsi, selon ce qui précède, en tant que députée de Trois-Rivières et porte-parole en matière d’Industrie pour le Bloc Québécois, je m’oppose farouchement à cette transaction en raison de la disparition pure et simple d’un bulletin de nouvelles indispensable à notre collectivité. Les journalistes traduisent notre réalité quotidienne avec professionnalisme, cœur et rigueur et nous appuyons fermement cette entité solidement enracinée dans notre milieu. Des citoyens mieux renseignés, disposant de sources d’informations complémentaires peuvent comprendre davantage l’évolution des différentes caractéristiques de leur milieu dans lequel ils vivent. Le CRTC dispose de toute la latitude nécessaire pour imposer à Remstar l’obligation de maintenir les salles de nouvelles dans toutes les régions actuellement desservies par TQS. Votre organisme ne doit pas renouveler la licence de TQS si elle n’inclut pas le maintien de l’information régionale telle que nous la connaissons. Je ne crois pas en définitive à la mort de TQS sans l’exécution à la lettre du plan de relance de TQS proposé par Remstar. Si cette compagnie a été choisie, c’est qu’elle respectait les critères privés du groupe COGECO. Cependant, le plan de relance tel que nous le connaissons était inconnu au moment de la transaction. Ce plan ne correspond pas aux critères habituels du CRTC et constitue un manque flagrant de respect à l’égard des citoyennes et citoyens de la Mauricie.
En terminant, un fait demeure et nous l’évoquons à chaque fois qu’il nous est permis de le faire, c’est l’impossibilité pour les abonnés de la télévision par satellite d’accéder à tout contenu de programmation de la télévision locale et régionale dans notre région. Privés des bulletins d’informations et des publicités locales, les conséquences néfastes sur notre développement économique et social, notamment, demeurent toujours lourdes à porter. Nous parlons ici d’un déficit démocratique important et inéquitable face à l’ensemble des autres régions québécoises desservies par les chaînes de télévision locale et régionale affiliées (Radio-Canada, TVA-TQS)
Les annonceurs publics et privés auprès de cet auditoire important perdent de l’argent, les organismes qui désirent sensibiliser la population à des causes humanitaires perdent des appuis de taille dans la population, les décideurs, personnalités publiques et politiques n’ont pas accès à ce magnifique réseau de communication que constitue la télévision lorsque le relais s’avère inexistant par satellite sur un territoire clairement identifié.
Je vous remercie de la considération que vous porterez à cette position qui traduit la volonté entendue dans notre milieu. Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur les commissaires, l’expression de ma plus haute considération.
Paule Brunelle
Députée de Trois-Rivières