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L’écurie du savoir

Marie-Ève Veillette par Marie-Ève Veillette
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Article mis en ligne le 27 mars 2008 à 8:55
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L’écurie du savoir
La Ferme des jeunes, fondée par Hélène Trudel (à droite), pourrait remettre plusieurs jeunes sur le droit chemin. Sur la photo, la directrice est accompagnée de Karine Sauvageau, une élève fréquentant la Ferme. Photo L’Hebdo/Marie-Eve Veillette
L’écurie du savoir
Transformer une écurie en école: voilà un projet un peu fou… qui s’est pourtant bel et bien concrétisé à Hérouxville! Ouverte depuis octobre dans le rang St-Pierre, la Ferme des jeunes Mauricie accueille aujourd’hui 25 «élèves» qui viennent y puiser des connaissances et des compétences susceptibles de les aider à surmonter toutes sortes de difficultés personnelles, sociales ou familiales.
Plus précisément, ces élèves de la vie sont des jeunes de 16 à 25 ans allergiques au système pédagogique régulier, provenant de milieux défavorisés ou conflictuels, et dont l’estime de soi est, dans bien des cas, à reconstruire.

La directrice et fondatrice de cet organisme sans but lucratif, Hélène Trudel, souhaitait créer pour eux un milieu de vie propice à leur épanouissement personnel et à leur réinsertion sur le marché du travail ou sur les bancs d’école. La plupart des jeunes qu’elle reçoit sont référés par différents organismes gouvernementaux et communautaires.

«Nous leur donnons l’opportunité d’explorer un large éventail d’activités et de développer des habiletés diverses. En sortant de leur cadre habituel, ils peuvent découvrir de nouvelles possibilités pour l’avenir et reprendre confiance en eux», explique Mme Trudel.

Selon elle, la présence de chevaux a aussi un effet bénéfique sur les jeunes. «C’est un animal qui, par sa force et sa taille, impose le respect. Pour l’apprivoiser, on doit utiliser la douceur, la patience et le calme; des qualités utiles pour communiquer avec les autres», croit Mme Trudel, convaincue des bienfaits de la zoothérapie.

Le fonctionnement de la Ferme des jeunes s’inspire de l’Atelier Action Jeunesse T-R inc., qui s’adresse au même type de clientèle, mais qui œuvre dans le débosselage de véhicules. Cet atelier a lui aussi vu le jour grâce à des démarches amorcées par Hélène Trudel, il y a dix ans.

«L’Atelier connaît du succès. Cependant, le type d’activités qui y est mené ne convient pas nécessairement à tous. Le principe de la ferme-école vient en quelque sorte compléter le service», estime Mme Trudel, qui a confié les rênes de l’Atelier à une collègue pour se consacrer exclusivement au développement de la ferme hérouxvilloise, où elle a emménagé.

Soulignons que des jeunes de partout en région fréquentent la ferme, qui compte sept employés. D’ici deux ans, si tout va comme prévu, le nombre d’«élèves» de la ferme pourrait s’élever à 45.
De nombreux projets
Par ailleurs, l’emplacement, qui compte 30 arpents, offre des opportunités de développement extraordinaires, estime Hélène Trudel, qui rêve tout haut à plusieurs projets susceptibles de soutenir financièrement la ferme, dont les coûts de fonctionnement annuels s’élèvent à environ 450 000$.
«Je pense notamment au développement d’une boutique équestre et à l’installation d’un mini insectarium et d’une volière à papillons en collaboration avec l’entomologiste Georges Brossard, un ami. Avec son aide, on pourrait aussi fabriquer des boîtes éducatives comportant des espèces d’insectes variées pour les écoles», dit-elle.

À sa liste s’ajoute la culture et la mise en marché de produits de culture maraîchère, horticole et ornementale; la construction d’un bâtiment pour la culture; la mise en place d’un atelier de menuiserie; la tenue d’événements hippiques; et la location d’espaces à des campeurs du Festival Western de Saint-Tite.

Bref, la Ferme des jeunes Mauricie semble appelée à grandir… un peu à l’image des jeunes qu’elle accueille.

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