Pour Dany Carpentier alias Naïd, cet ultimatum est sa seule chance de pouvoir aller «jouer dans le trafic».
Photo, L'HEBDO JOURNAL
«L'ultimatum: ma raison d'aller jouer dans le trafic»
«Parce que je n'ai pas toute la vie pour montrer qui je suis»
Après avoir remporté le prix «Coup de cœur» du jury lors de la dernière édition du concours UQTR en spectacle, qui s'est déroulé il y a un mois, Dany Carpentier alias Naïd arrive avec son tout dernier projet à caractère musical et interactif cette fois.
Comme il a l'habitude de la faire avec l'équipe du Festival urbain à Trois-Rivières, l'artiste rap et artisan de la culture hip-hop ne fait pas dans l'ordinaire. Après plus de 10 ans à côtoyer le milieu artistique, il se lance maintenant dans un ultimatum dans le but de se faire connaître, mais surtout se trouver un contrat de disque, et ce, dans les 18 prochains mois. L'ultimatum fut lancé le 18 mars dernier et prendra fin le 18 novembre prochain.
Afin de solliciter le marché et de tenir le public informé du déroulement de l'aventure, l'artiste fera paraître chaque semaine une séquence vidéo sur «lultimatum.com» et expliquera la façon dont il procède pour se faire découvrir. Il en profitera aussi pour diffuser quelques chansons rap et textes de slam poésie.
«Depuis 1996, l'ultimatum est un défi que je me suis donné pour faire mon chemin dans le rap québécois. Ce concept de making of évolutif va créer une proximité avec les gens, ce qui pourra me faire connaître du grand public. Pour un artiste qui veut percer, il faut toujours aller vers la machine. Je veux me mettre sur la «map» et aller jouer dans le trafic», lance le jeune homme de 26 ans.
Pour beaucoup d'artistes en émergence, il est souvent long et ardu de monter les échelons qui mènent à la sortie d'un album, et cela l'est encore plus lorsqu'on désire vivre de sa musique. C'est pourquoi Naïd prend maintenant les grands moyens pour prendre la place qu'il convoite depuis longtemps et faire entendre son rap engagé.
«Pour arriver à quelque chose, il faut souvent prendre des risques. L'ultimatum est une façon pour moi de me mettre à l'épreuve et de montrer au public toute la détermination que doit avoir l'artiste avant de réussir à se faire entendre. J'ai décidé de faire mon propre moule en ayant la certitude que ça peut fonctionner.» «Présentement, dans le rap, je trouve qu'il y a un vide. Ce style de musique rejoint plusieurs jeunes et ne véhicule pas toujours les bonnes valeurs selon moi. Pour ma part, ce que je veux c'est de triper avec les jeunes par le biais de l'art dans mes discours et dans mon autodétermination. Je rêve du moment où je pourrai tenir un discours engagé, essayer des choses, provoquer. Seulement qu'avec les mots, il y a moyen de susciter des réactions», témoigne Dany Carpentier.
Photo, L'HEBDO JOURNAL