Bertrand Rainville a réalisé une étude sur les conséquences du surendettement.
Photo, L’Hebdo Journal
Le surendettement, responsable de bien des maux
Le CIBES de Trois-Rivières demande la collaboration des banques
Le Centre d’Intervention Budgétaire et d’Économie Sociale de Trois-Rivières (CIBES) a décidé d’attaquer les problèmes découlant du surendettement. Il aura besoin des institutions financières et des agences de recouvrement.
Pour la première fois au Québec, un organisme a décidé de cibler les conséquences de l’endettement à outrance. Le CIBES a réalisé une étude auprès de gens avec des problèmes financiers qui ont consulté. «On atteint des chiffres de plus de 90% de gens complètement anxieux lorsqu’ils viennent ici, lorsqu’ils sont surendettés», nous dit le responsable de l’étude Bertrand Rainville.
L’étude a permis de savoir entre autres que le surendettement provoque des problèmes de santé. Parmi les problèmes, on compte la fatigue due au stress et des problèmes lombaires associés au stress. Certains des gens rencontrés consomment même jusqu’à 17 sortes de médicaments pour régler des problèmes associés au stress ou à la dépression.
Le surendettement provoque également des problèmes sociaux. On parle de querelles fréquentes entre conjoints, ruptures de ménages, mauvais rapports avec les enfants, perte de rendement au travail, pour ne nommer que ceux-là.
Bref, le CIBES souhaite que les institutions financières et les agences de recouvrement cessent de mettre de la pression sur les emprunteurs pour qu’il paient leurs dettes. «L’accès au crédit est trop facile. Les banques ne veulent plus voir le monde. Elles disent: mettez ça sur votre carte de crédit!», ajoute M. Rainville. «Par la suite, elles utilisent plusieurs moyens efficaces pour être remboursées.»
Des approches ont été faites pour sensibiliser les institutions financières et le CIBES est d’avis que plusieurs reconnaissent qu’il y a des problèmes. Bertrand Rainville demande leur support financier. «Nous souhaitons que les banques et autres institutions financières défraient les coûts d’un véritable service de consultation budgétaire. Nous croyons que nous serions en mesure de venir en aide à au moins 800 personnes. Qu’est-ce que ça pourrait être à l’échelle du Québec? Nous voulons associer l’Agence de la santé à notre démarche. Notre objectif est d’en arriver à établir un protocole de mise en place du service quelque part vers la fin d’avril.»
Photo, L’Hebdo Journal