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«Nous vivons dans un monde full sexuel»

par Sandra Jacob
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Article mis en ligne le 1 mars 2008 à 1:23
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«Nous vivons dans un monde full sexuel»
Photo: maserie.com
«Nous vivons dans un monde full sexuel»
«Parents et intervenants ont souvent le sentiment d'avoir perdu toute influence auprès des jeunes et surtout que ces derniers savent tout de la sexualité. Et pourtant, ils ont un criant besoin d'être rassurés», témoigne l'auteure, conférencière, animatrice, chroniqueuse, intervenante, consultante, formatrice et sexologue, Jocelyne Robert.
Lors de sa conférence sur le défi de l'éducation sexuelle dans un monde hypersexualisé, qui se tenait dans le cadre des Grandes Rencontres du Collège Laflèche, Mme Robert nous place devant le défi auquel les parents sont confrontés. «Nous vivons dans une société où la sexualité parfois crue, est de plus en plus accessible aux jeunes et ce monde est davantage envahissant depuis l'arrivée d'Internet», dit-elle.
Des mots qui illuminent, des mots qui appauvrissent
Jocelyne Robert rappelle aussi que la sexualité est présente dès la naissance et le sera jusqu'à la mort. C'est une composante intégrale de la vie et elle s'exprime de façon différente selon l'âge. «Au départ, elle n’est ni bonne, ni mauvaise. La sexualité est là, un point c'est tout. C'est à chacun de faire en sorte qu'elle soit une source de mieux-être », soutient la sexologue. Pour Mme Robert, il y a deux aspects primordiaux à considérer dans l'éducation à la sexualité. Les mots et le langage utilisé pour parler de sexualité ainsi que le modèle qu'un homme ou une femme projette. «Les mots définissent la personne, mais au-delà de tout, les mots vont illuminer ou appauvrir l'estime de soi. Aujourd'hui, ce ne sont malheureusement pas les parents qui sont les modèles dominants pour leurs jeunes, mais bien la musique, les artistes, les films. Ce sont des modèles sexuels de consommation qui ne sont pas relationnels; ce sont des modèles de performance».
Est-ce que l'amour fait partie de la sexualité?
D'après la conférencière, l'amour est plutôt une valeur qu'on souhaite rattacher à la sexualité, mais elle n'est pas une composante de cette dernière. «Dans le passé, la sexualité était pêchée, dégueulasse et honteuse. Et pourtant, on disait que l'acte sexuel devait être réservé pour l'être aimé. Quel message double et trouble!» Malgré tout ce à quoi nous sommes exposés de nos jours, la sexualité demeure un sujet tabou. «À preuve, parlez de la sexualité des enfants, des personnes âgées, des personnes homosexuelles, de la masturbation, vous verrez que les regards fuient!» Pourquoi ces quatre domaines sont-ils plus particulièrement reliés à la censure, demande Jocelyne Robert? Car ce sont des actes reliés au plaisir et non à la procréation.

«Finalement, les parents sont les personnes les plus significatives aux yeux des enfants. Ces jeunes aiment quand on les amène à se poser des questions et à trouver des réponses ensemble. Souvent, une des grandes questions que nos jeunes se posent est: suis-je normal? Ils ont besoin d'être rassurés ».

«L'impact du contexte sexuel actuel est fulgurant. L'omniprésence de la pornographie, entre autres via Internet, fait en sorte que les jeunes y sont exposés sans même le vouloir. Il ne faut pas paniquer, mais il faut plutôt réagir et proposer une éducation sexuelle qui véhicule autre chose, un message plus réaliste et relié au plaisir des hommes et des femmes», conclut Jocelyne Robert.

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