Robert Vincent, conducteur de la surfaceuse et président du Club de motoneige du comté de Champlain.
Une fin atroce pour deux motoneigistes
Le conducteur de la surfaceuse témoigne de la tragédie
Président du Club de motoneige du comté de Champlain, Robert Vincent était aux commandes de la surfaceuse lundi soir vers 21h30 lorsqu'elle a été percutée par une motoneige transportant deux personnes qui sont décédées sur le coup.
Le témoin raconte qu'il était sur le chemin du retour avec sa surfaceuse, après avoir fait la distance Saint-Narcisse à Trois-Rivières, secteur Cap-de-la-Madeleine, lorsqu'il a aperçu un groupe de trois motoneiges se dirigeant vers lui, à une distance encore raisonnable et qui ne suscitait aucune crainte jusque là.
«C'était une portion droite et je me disais qu'ils étaient en position pour voir mes lumières et mon gyrophare», raconte le résident de Saint-Narcisse. Quelques secondes plus tard cependant, M. Vincent s'inquiète de constater que la première motoneige file à toute allure et ne semble pas faire de cas de sa présence sur le sentier. «Quand j'ai vu qu'il était à environ 75 pieds de moi et que ses lumières étaient encore sur les hautes, j'ai donné un coup de volant pour enlever la surfaceuse du sentier et lui donner ainsi une chance de passer tout droit.»
Malheureusement, le conducteur de la motoneige aurait semble-t-il eu le même réflexe en dirigeant son véhicule de l'autre côté mais, à cause de la force d'attraction, les deux passagers auraient été, par le fait même, éjectés en direction de la pelle de la surfaceuse tandis que la motoneige s'est dirigée sans pilote dans le fossé. Selon Robert Vincent, le choc a été tel que les casques des motoneigistes ont été fracassés sur le coup.
Les premiers secours sont arrivés une quinzaine de minutes après l'accident et la Sûreté du Québec, deux ou trois minutes plus tard. Le décès du conducteur, un résident du secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, aurait été constaté sur place et celui de la jeune fille, quelques temps après.
Les deux motoneigistes qui accompagnaient les victimes se sont bien entendu arrêtés immédiatement pour porter secours. Selon M. Vincent, le pilote de la troisième motoneige ne comprenait pas pourquoi son compagnon n'avait pas ralenti en apercevant la surfaceuse qu'il avait lui-même repérée d'où il se situait.
Même s'il a le sentiment de ne rien avoir à se reprocher, le président du Club de motoneige du comté de Champlain comptait bien rassembler dans les prochains jours les responsables de l'entretien des sentiers pour faire le point sur ce regrettable accident. «On va étudier la manière dont tout s'est passé et on réviser nos façons de faire. Nos techniques doivent être le plus sécuritaires possible pour éviter qu'une telle tragédie ne se répète.»