Michel Gagnon, ROM, Denise Béland, militante au Centre des femmes l'Héritage, Joanne Blais, coordonnatrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, Claire Montour, présidente du syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du Cœur-du-Québec et Gilles Dubuc, président du conseil central du Cœur-du-Québec. (SJ)
- Photo, L'HEBDO JOURNAL<[:AC:]$
Le réseau public à coeur
Le Réseau de vigilance Mauricie expose sa position relativement à la privatisation des soins de santé et au financement privé.
Au cœur du Québec, le Réseau de vigilance Mauricie, coalition formée de groupes populaires, communautaires, syndicaux et de femmes, a décidé de travailler à la défense du système de santé publique parce qu'il estime qu'il est le seul capable de préserver le droit collectif à des soins de santé.
Dans la foulée du Forum social mondial et du Forum social québécois, de nombreuses actions seront menées cette fin de semaine partout dans le monde afin de défendre les droits collectifs, la paix et l'environnement. Alors que le rapport du groupe présidé par Claude Castonguay sur le financement du système de santé au Québec, qui doit être publié à la mi-février, le Réseau de vigilance Mauricie souhaite que la population se saisisse du débat. Le financement privé implique que les individus devront, pour obtenir des soins de santé, investir plus d'argent soit en contractant des assurances. «Les plus pauvres parmi nous n'ont pas les moyens de contracter des assurances coûteuses. De plus, les compagnies d'assurances refuseront de couvrir les personnes qui souffrent déjà de conditions médicales nécessitant des soins. Prétendre que le recours aux assurances privées est une solution, c'est tenter de leurrer la population» déclare Michel Gagnon du ROM.
Le développement de ressources privées inquiète également le Réseau de vigilance Mauricie, d'autant plus qu'il survient alors que le problème d'accès aux soins est essentiellement attribuable à la pénurie de personnel. Le Réseau estime qu'il est indécent de profiter des problèmes que connaît le système de santé publique pour faire avancer la cause du privé. «On ne règlera pas les problèmes d'accès aux soins de santé en transférant les infirmières et les médecins du public vers le privé. La privatisation ne multipliera pas les personnes œuvrant dans le réseau. Cela ne fera qu'allonger les listes d'attente dans le public» déclare Gilles Dubuc, président du Conseil central du Cœur de Québec-CSN.
Le Réseau de vigilance Mauricie croit que le système de santé publique connaît des difficultés auxquelles on doit urgemment s'attarder. Il estime toutefois qu'à un problème public, nous devons trouver des solutions publiques pour éviter de revenir au temps où la principale cause d'endettement des familles au Québec était le recours aux soins de santé. «J'ai moi-même connu ce que ça représentait d'avoir besoin de soins avant l'avènement du système public au Québec. J'ai dû emprunter de l'argent pour payer les soins d'un de mes enfants. Il faut absolument éviter de retourner en arrière» déclare Denise Béland, militante au Centre des femmes l'Héritage.
Les femmes sont aussi nombreuses à se rappeler de ce temps. Le Réseau de vigilance Mauricie espère qu'elles s'investiront dans cette campagne qui est particulièrement importante pour elles. «Les femmes utilisent davantage des soins de santé au Québec et malheureusement, elles sont encore trop souvent parmi les plus pauvres de notre société. Il est primordial pour elles de conserver un système de santé qui soit public et accessible» ajoute Joanne Blais de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.
Pétition
Dès aujourd'hui, le Réseau de vigilance Mauricie fait circuler une pétition dans la région en vue de préserver le système de santé publique. Pour prendre part à cette pétition,
www.votezsante.com. <@CP>Photo, L'HEBDO JOURNAL<@$