L’environnementaliste Steven Guilbault a expliqué aux jeunes gens d’affaires que le souci de l’environnement n’est pas seulement une cause humanitaire, mais qu’il peut également être payant pour l’entreprise.
Photo, L’Hebdo Journal
«Il y a dix ans, il y aurait eu cinq personnes à cette rencontre»
Steven Guilbeault parle d’environnement devant 140 jeunes gens d’affaires
Il y a quelques années à peine, Steven Guilbeault était considéré comme un hurluberlu, déconnecté de la réalité alors qu’il parlait d’environnement. Le porte-parole de la campagne Climat et énergie, a réussi cette semaine à intéresser quelque 140 membres de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie à la cause de l’environnement et de l’impact des gaz à effet de serre sur le réchauffement de la planète.
Depuis 2000 ans, la température moyenne de la terre augmente à un faible rythme, mais ce phénomène va en s’accélérant, en raison principalement de l’activité humaine et la production de CO2. Dans l’hémisphère nord de la planète, où le Canada se situe, le réchauffement est deux fois plus rapide qu’ailleurs, puisqu’on y retrouve moins d’étendues d’eau que dans l’hémisphère sud. Tous ces phénomènes font en sorte, selon Steven Guilbeault, que d’ici quelques décennies la température moyenne du globe sera de près de cinq degrés de plus, le niveau de la mer s’élèvera de 50 centimètres et le phénomène des inondations, de la transmission de maladies telles la malaria ou le virus du Nil occidental au Canada, de même que la raréfaction de l’eau potable, deviendront des embûches majeures dans le développement de l’humanité.
Le porte-parole d’Equiterre croit que la sensibilisation du grand public à la cause de l’environnement permettra d’éviter le pire en autant que les démarches entreprises connaîtront une progression à tous niveaux, afin de ralentir ce processus.
Des gestes concrets
Pour ce défenseur de l’environnement originaire de La Tuque, des mesures concrètes commencent à être mises de l’avant par les entreprises pour contrer le phénomène. Ainsi, a-t-on appris, la technique de l’analyse du cycle de vie (ACV) permet maintenant de connaître l’impact d’un produit sur les changements climatiques, avant sa fabrication et sa distribution. Il donne comme exemple les nouvelles ampoules «fluo-compactes» maintenant recommandées en remplacement des bonnes vieilles ampoules incandescentes utilisées depuis des générations. Bien que leur disposition après usage cause certains problèmes, l’économie de ressources énergétiques qu’elles permettent de réaliser est supérieure aux inconvénients. Elles sont donc la solution la plus souhaitable à long terme.
M. Guilbeault a également dévoilé que certaines entreprises, comme Rona, sont à revoir des dizaines de produits en utilisant la méthode ACV pour ainsi contribuer plus efficacement à la lutte aux gaz à effet de serre.
Dans la vie de tous les jours
Questionné afin de connaître le rôle que chaque individu peut jouer pour participer à l’effort environnemental, M. Guilbault a donné plusieurs petits trucs qu’il met lui-même en pratique. «Je ne possède pas de voiture. J’utilise le transport en commun, emprunte le véhicule d’un ami, je me déplace à vélo, avec le transport en commun ou encore je loue une voiture lorsque je ne peux faire autrement.»
La construction verte devient d’autre part de plus en plus répandue et efficace. «Les portes et fenêtres de la maison de ma mère à La Tuque sont situées franc nord. En construisant les maisons avec les ouvertures vers le sud, l’économie d’énergie serait substantielle», confit-il.
Pour l’environnementaliste, le débat concernant les changements climatiques n’est plus à faire. «Nous devons maintenant demander à nos dirigeants des actions en ce sens. L’ouverture du gouvernement du Québec est intéressante, mais avec Ottawa, c’est comme si nous n’existions pas, il n’y a aucun dialogue», soutient-il.
Pour les gens d’affaires, l’effort au niveau de l’environnement se traduit, selon M. Guilbeault par des économies à moyen ou à long termes. «Avec des procédés plus efficaces et des économies d’énergie, les gens d’affaires y trouvent leur compte», conclut Steven Guilbeault.