Les professeurs, divisés en petits groupes, ont monté le guet aux différents accès du campus universitaire.
Photo, L’Hebdo Journal
Les professeurs en grève: une première en 30 ans
Une journée qui s’est bien déroulée, malgré tout
Les professeurs de l’UQTR ont mis leur menace à exécution. Ils ont déclenché une première journée de grève mercredi. Quatre autres journées sont prévues. Ils ont ralenti la circulation aux accès de l’UQTR afin de distribuer des feuillets d’information.
Le litige entre les professeurs et la direction de l’université porte principalement sur les salaires et l’embauche de nouveaux effectifs. Le syndicat des professeurs avance que l’UQTR a maintenant les moyens de ses ambitions alors qu’elle a dégagé un surplus ces derniers mois. «Nous voulons que cette université se développe et qu’il y ait des professeurs de plus à l’UQTR», affirme le président Michel Volle.
La direction de l’UQTR, le recteur Ghislain Bourque en tête, a réagi à la suite du déclenchement de la grève. «Les demandes syndicales représentent des frais de 34 millions$ sur trois ans. Nous n’avons pas les moyens. Nous n’avons pas cette marge.» Le recteur Bourque n’était cependant pas en mesure de quantifier la marge disponible. Il reconnaît que le financement de rattrapage accordé par Québec a permis de dégager un surplus. Une partie est dévolue au remboursement du déficit et à la réalisation éventuelle des projets d’immobilisation que sont le pavillon de la santé et le pavillon de la vie étudiante.
Il y a eu une rencontre mardi. Elle n’a pas permis de rapprochement. «L’Université n’avait rien de neuf à proposer. C’était décevant et il n’y avait que deux négociateurs sur trois», explique Michel Volle. Par ailleurs, la partie patronale a affirmé que des offres avaient été déposées à la fin novembre. Le syndicat les a commenté le 18 décembre mais n’aurait pas déposé de contre-proposition. Michel Volle a réagit en expliquant qu'il n'est pas question de négocier avec des offres et des contre-offres."Nous voulons négocier sur la base des marges de manoeuvres disponibles. Il faut que l'université montre ses chiffres. Il n'a par ailleurs jamais été question de notre part de demandes de 34 millions$."
Il semble que l’UQTR soit en faveur de certaines demandes syndicales, notamment l’ajout de professeurs. «Il nous faut cependant se placer dans un mode de négociations plus modéré», indique le recteur Bourque. Il a d’ailleurs rappelé que l’UQTR a signé des ententes rapidement avec les autres groupes de syndiqués. «C’est bien qu’un rapport de force s’installe mais il ne faut pas qu’il prenne le pas sur les négociations et sur les enjeux qui doivent être compris de part et d’autre.»
Les étudiants
De leur côté, les étudiants souhaitent ne pas avoir à faire les frais du conflit. L’AGEUQTR n’a par ailleurs émis aucune directive au sujet de la présence des étudiants à l’UQTR. Il leur appartient de franchir ou non les lignes de piquetage. Les autres personnels de l’université doivent se présenter au travail. Les conventions collectives ne prévoient pas l’obligation de respecter les piquets de grève érigés par les professeurs.
Pour en revenir aux étudiants, ils élargissement le débat au sous financement des universités. « Le conflit entre la direction et les professeurs est une des conséquences du sous financement », selon le porte-parole Alexandre Gauthier. «Nous demandons aux parties de ne pas s’embourber dans une guéguerre et de dénoncer avec nous le sous financement étatique.» Le recteur Bourque n’est pas tout à fait d’accord. «C’est un autre débat et il implique effectivement l’ensemble des universités. Pour ce qui nous occupe ici, nous devons négocier sur une base locale avec les moyens que nous avons. Il faut aussi voir comment il est possible de se comparer aux autres. Nous espérons donc que le syndicat arrivera avec des choses concrètes lors de la prochaine rencontre», conclut Ghislain Bourque.
Photo, L’Hebdo Journal