Paul Guérin prend plaisir à entretenir sa Mercedes-Benz 280 1972. Il a passé plus de 1500 heures à la remettre sur pied. Photo L'Hebdo/Andrée-Anne Trudel
La championne à Shawinigan
La Mercedes-Benz de Paul Guérin est sans contredit une championne. Malgré qu'elle soit sortie de l'usine allemande en 1972, elle continue à rouler été comme hiver, et cumule maintenant plus de 1 800 000 kilomètres, un record mondial.
Paul Guérin est le principal responsable de cet exploit. Chaque jour, il entretient méticuleusement sa voiture et lui assure les meilleures pièces quand vient le temps d'en changer une. «Mercedes ne fait plus de pièces pour ce modèle de voiture là. Par exemple, quand je veux changer mes essuie-glace, il faut que je trouve quelqu'un qui a le même modèle de voiture et qui veut changer ses essuie-glace pour des plus récents», explique le propriétaire de la championne mondiale.
M. Guérin possède une petite compagnie virtuelle qui cherche des pièces de voitures à l'échelle mondiale et fait le lien avec les propriétaires. C'est pour cette raison que sa Mercedes 280 est comme à l'origine! «Même mon pneu de secours est d'origine. Et non seulement il est d'origine, mais il est neuf! Il n'a roulé que deux ou trois kilomètres le temps de se rendre à une station-service!», lance fièrement le passionné.
En plus d'une carrosserie qui traverse merveilleusement bien le temps, son cœur n'a jamais fléchi. «J'ai le moteur au gaz d'origine encore! Il n'a jamais été changé, ni modifié!», ajoute M. Guérin. Et, preuve à l'appui, ledit véhicule passera réellement à l'histoire. «Quand je vais chez le concessionnaire, ils doivent noter le kilométrage sur mon véhicule, pour ne pas perdre le fils était donner que le compteur est revenu à 0 plus d'une fois!», mentionne-t-il en ajoutant qu'à tous les 250 000 kilomètres effectués avec son véhicule, Mercedes-Benz lui envoi un certificat pour prouver l'authenticité du kilométrage parcouru par sa championne. Il raconte également que la compagnie Mercedes-Benz lui a même déjà offert de la racheter en échange d'une voiture neuve et d'argent. Ce qu'il refusa. Mercedes-Benz voulait installer la championne mondiale dans son musée en Allemagne où elle aurait été confinée à ne plus jamais rouler!
Retour en 1972
Afin de mieux connaître sa voiture, Paul Guérin a recensé et contacté tous les anciens propriétaires et leur a fait part de sa situation actuelle.
« J'ai fini par retrouver le premier propriétaire qui a 81 ans. C'est un ancien officier américain qui travaillait en Allemagne. Je lui ai raconté que j'avais contacté tous les anciens propriétaires jusqu'à lui. Il ne comprenait pas ce que je voulais faire avec ça! Je lui ai dit que je cherchais à savoir tous les détails: quand il l'a vendu, combien il l'a vendu!»
L'officier allemand a vendu sa voiture à un horloger, qui lui l'a cédée à un revendeur, ce dernier l'a vendu à un Québécois qui voulait s'en défaire jusqu'à ce que Paul Guérin ait le coup de foudre pour cette vieille voiture. Elle valait la somme de 10 900$ en 1972, un montant dispendieux.
Beaucoup de travail a été nécessaire pour lui donner son apparence actuelle. Ce sont en fait plus de 1500 heures de travail acharné qui ont permis à M. Guérin de lui rendre son allure de jeunesse!
Toujours active malgré son âge
Paul Guérin affirme rouler près de 1000 kilomètres été comme hiver avec sa voiture. Elle est encore en parfaite santé!
«La deuxième voiture avec le plus de kilométrage devrait rouler 383 kilomètres par jour, 7 jours sur 7, pendant 5 ans pour égaler la marque mondiale. Et ça, c'est si on enlevait ma voiture de la route!», lance-t-il. Traitée aux petits oignons par son propriétaire (vidange d'huile aux 3000 kilomètres, cire, changement de pièces défectueuses par des pièces de meilleure qualité, mais originales), la championne est vouée à vivre encore longtemps! «Elle représente tellement de choses pour tellement de monde! Quand les gens la voient, ils ont l'impression que c'est un témoin du temps qui est figé. Ils se disent: "Ça ne se peut pas qu'elle soit vieille comme ça et qu'elle roule encore!" Ça fait rappeler les souvenirs à bien du monde!», ajoute M. Guérin.
Fierté régionale
Shawiniganais d'adoption, puisqu'il vient tout juste d'aménager dans la ville de l'énergie, Paul Guérin souhaiterait faire de sa bagnole une fierté régionale. «Je n’étais jamais venu à Shawinigan avant. Je passais par la ville lorsque je partais du Saguenay et prenais la route de La Tuque. Je suis en Mauricie pour son accès à la province, la nature et l'eau. J'aimerais qu'elle soit identifiée à la région!»
Pour la faire connaître aux gens de sa nouvelle ville, Paul Guérin expose sa voiture ce dimanche 20 janvier de 13h à 16h au centre de l'esthétique de l'automobile Pro Lustre VIP¬ situé au 3233 boulevard des Hêtres. Les curieux peuvent s'y rendre pour admirer la championne de M. Guérin.
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