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L’équité salariale dix ans plus tard : Une valeur collective

Article mis en ligne le 20 décembre 2007 à 16:13
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L’équité salariale dix ans plus tard : Une valeur collective
Il y a dix ans, la Loi sur l’équité salariale entrait en vigueur au Québec. Cette Loi vise à donner aux personnes qui occupent des emplois traditionnellement féminins un salaire égal à celui d'emplois traditionnellement masculins, et ce, même si ces emplois sont différents. Autrement dit, cette Loi impose d’accorder aux femmes une rémunération qui soit juste, équitable, à la mesure de leur apport aux entreprises qui les emploient et à la société dans laquelle elles évoluent.
Dans le rapport qu’il déposait à l’Assemblée nationale le 21 novembre 2006, le ministre du Travail a démontré qu’environ la moitié des entreprises assujetties à la Loi sur l’équité salariale se sont conformées à leurs obligations. Le pourcentage moyen des ajustements salariaux versés aux travailleuses est de 6,5 % et dans 70 % des cas, l’impact sur la masse salariale de l’entreprise est inférieur à 1,5 %. Jusqu’à présent, si on inclut l’employeur gouvernemental, plus de 800 000 travailleuses ont été couvertes par un exercice d’équité salariale et près d’un demi-million d’entre elles ont profité d’ajustements salariaux. Selon nos estimations, dans les entreprises qui ne se sont pas encore conformées à la Loi, l’exercice devrait être fait pour un peu plus de 400 000 personnes et, si la tendance observée dans les entreprises privées se maintient, 115 000 personnes pourraient recevoir des ajustements.

À cette fin, la Commission de l’équité salariale a effectué, du 2 octobre au 19 décembre dernier, une tournée des régions du Québec afin d’offrir des formations à toutes les entreprises devant, dans un avenir rapproché, intégrer à leur structure les bénéfices de la Loi. Au total, 28 villes du Québec ont été visitées et plus de quarante sessions de formation ont été offertes pour un total de 1 067 participantes et participants.

Une récente étude effectuée pour le Bureau international du Travail par la professeure québécoise Marie-Thérèse Chicha, qui recensait les effets positifs induits par la Loi, souligne notamment l’augmentation du sentiment de la valeur personnelle et de l’estime de soi des travailleuses, l’accès à un meilleur revenu à la retraite, l’amélioration du niveau de vie des femmes chefs de famille monoparentale et l’augmentation du maintien au travail des femmes qualifiées après la naissance d’un enfant.

Beaucoup de travail reste à accomplir mais rien n’est impossible si nous y consacrons les énergies requises. Il y a dix ans, l’enjeu était de taille et nous avons déjà obtenu des succès tangibles. Le défi qui vient sera aussi important. Le Québec s’est placé à l’avant-garde et même s’il n’est pas toujours facile d’ouvrir la voie, même si la Loi n’est pas encore comprise et appliquée partout où elle devrait l’être, les acquis sont là. L’équité salariale est intégrée dans nos valeurs collectives, dans le tissu social du Québec qui ne tolère plus la discrimination. L’équité salariale doit être mise en oeuvre dans toutes les entreprises et se traduire simplement et sereinement dans la réalité des femmes qui sont sur le marché du travail. Voilà notre objectif à l’aube de la nouvelle année qui vient. Le Québec peut être fier de cette loi qui fait désormais partie de son patrimoine.

La présidente

Me Louise Marchand

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